Cf. Taine, p. 16b
sera devenu roi d'Angleterre en 1688, elle ne sera plus, selon le mot connu de Frédéric II, qu'une « petite barque dans le sillage d'un grand navire «.
Elle joue désormais un rôle secondaire, mais encore important. Elle est le point d'atterrissage des idées anglaises sur le continent; et, comme depuis la révocation de l'édit de Nantes elle est le grand centre des réfugiés français, c'est par eux que les idées nouvelles, hostiles au pouvoir absolu des rois et à l'autorité de l'Eglise, pénètrent en France. Une quantité de pamphlets et d'écrits destinés à faire le tour du monde, à commencer par ceux de Bayle et à finir par ceux de J.-J. Rousseau, sortent des presses de La Haye et d'Amsterdam, où l'imprimerie ne connaît pas d'entraves. Le commerce y est toujours actif. La banque d'Amsterdam est encore la plus grande puissance financière du temps. Elle a des créances sur tous les pays d'Europe ; elle est considérée comme l'établissement oîi les placements sont le plus avantageux et le plus sûrs. Jusque vers le premier quart du xviii^ siècle, la Hollande dispute encore à l'Angleterre la primauté maritime. Au lendemain des traités d'Utrecht, ses navires se montrent aussi nombreux que jamais dans les ports français de l'Océan. Mais elle renonce peu à peu à une lutte inégale ; •elle se replie sur elle-même et s'efface, non sans avoir marqué de son empreinte une période de l'histoire du monde. Pendant un siècle elle aura pris sur la planète la place que tient aujourd'hui l'Angleterre i.
INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
PiRENNE. Les démocraties des Pays-Bas. 1 vol. in-16. Paris, 1910.
Taine. Philosophie de Vart dans les Pays-Bas, t. I.
Lefèvre-Pontalis. Jean de Witt, grand-pensionnaire de Hollande. 2 vol. in-80. Paris, 1884.
PiRENNE. Histoire de Belgique. Bruxelles, 1907. Tomes III et suivants.
Brants. La Belgique au xvii*^ siècle. 1 vol. in-S". Paris, 1910.