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Sous lîenri IV et sous Richelieu

'6. Voir Fagniez, Economie sociale sous le règne de Henri IV. p. 33.

coloniser la Guyane, ne demande nul concours aux capitaux privés : c'est l'État lui-même qui se chargera du commerce des nègres, du ravitaillement des colons, et de la « peuplade i ».

Autant l'emprise de l'État sur la vie économique était forte, autant les initiatives privées étaient timides. Alors que l'élite de la noblesse britannique partageait son argent et son temps entre la grande agriculture, la grande industrie, le grand commerce et la vie politique, la haute noblesse française était absorbée — en dehors des périodes de guerre — par la vie de Cour, où elle gaspillait ses revenus et ceux de l'État, loin de travailler à les augmenter. Le préjugé de la naissance l'empêchait d'ailleurs de s'élargir et de se renouveler par l'admission des membres les plus distingués de la haute bourgeoisie. Celle-ci est également, mais d'une autre manière, la victime de l'absolutisme ; dès l'éi-oque de la Renaissance elle souffre de deux maux, « dont la Révolution a été impuissante à la délivrer : la plaie du fonctionnarisme, et le dédain des carrières industrielles et commerciales^ ». A mesure même que la bureaucratie et la centralisation monarchiques se sont affermies, elle semble avoir perdu le goût des entreprises hardies : les négociants français étaient certes plus audacieux au xvi^ siècle et sous le règne d'Henri IV encore que pendant les plus belles années du gouvernement personnel de Louis XIV ; et il faut attendre les premières années d'un siècle plus libre pour constater chez eux un réveil de la spontanéité primitive. Ce qu'on peut appeler, d'autre part, le patiiotisme ou le nationalisme économique est un sentiment beaucoup moins vif en France que de l'autre côté de la Manche. Jamais les prohibitions, ni même les tarifs protecteurs, n'y furent appliqués avec la même rigueur. Et les négo-

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