‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 134 sur 151 · Cf. Levasseur, ouvrage cité, p. 4ai · texte numérisé non relu

Cf. Levasseur, ouvrage cité, p. 4ai

3. Cf. Germain Martin, Grande industrie soits Louis XV, p. 334.

Les monopoles modernes constitués par la monarchie française pour encourager le développement des nouvelles formes d'industrie ne devaient point survivre à ceux que lui avait légués le Moyen-âge. Dès 1750, les privilèges exclusifs ne sont plus accordés qu'à titre exceptionnel, et la Déclaration du 24 décembre 1762 en limite dans tous les cas la jouissance à une durée de quinze années i. La même année le contrôleur général Bertin déclare que « rien n'est plus contraire à ses principes que de perpétuer les gratifications - ». On voit parfois les privilégiés eux-mêmes, tels les Van Robais, qui depuis plus d'un siècle produisaient seuls à Abbeville les draps fins, « renoncer à leur monopole et faire l'éloge de la liberté ' ». , Dans cette atmosphère de liberté et de progrès, toutes les réglementations techniques s'effritent, s'écroulent : non pas seulement celles que devaient faire observer les gardes jurés, mais aussi bien celles qu'avait naguère édictées l'autorité royale. A partir de 1754, le métier à tricoter les bas se répand sans obstacle dans toutes les villes, dans toutes les provinces, et la bonneterie française-prend son essor. A partir de 1763, tous les fabricants de papier peuvent se servir de toutes machines qu'ils jugeront utiles. Les missions d'inspection, confiées à des hommes comme Gournay, Vaucanson et l'Irlandais Holker, sont destinées à promouvoir l'industrie nationale, non à la gêner en prétendant la fixer. Necker luimême, en 1779, est obhgé de simphfier les règles et les formalités et, s"il maintient le plomb de visite, du moins autorise-t-il les fabricants à livrer au commerce toutes espèces de types nouveaiix, à la seule condition de les marquer du plomb d'étoffe libre \

Mais les Assemblées provinciales ciu'il vient de créer

1. Cf. G. Weulersse, Mouvement physiocralique, t. II, p. 242-243.

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