‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 135 sur 151 · Cf. Levasseur, p · texte numérisé non relu

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se prononcent, à la majorité, contre toute visite et toute marque ; c'est que, à cette date, il s'est formé une doctrine, celle du laisser faire, qui, après avoir conquis l'opinion publique, gagne l'Administration elle-même. Jamais du reste le premier grand organisateur des monopolefe industriels, Golbert, n'avait méconnu les inconvénients des privilèges. Il les avait considérés comme des « expédients », comme « des béquilles temporaires », indispensables pour mettre debout et faire marcher les entreprises naissantes ; il avait espéré que ces Compagnies officielles qu'il avait créées se dissoudraient bientôt en une multitude de sociétés privées. « Il faut laisser faire les hommes », avait-il écrit lui-même ^. Puis, comme le despotisme dont il était une des formes, Véconomisme lui-même s'était éclairé, et s'était fait hbéral. « On a protégé les guerriers, écrit Gournay à Trudaine ; il faut maintenant protéger le travail. Et comment ? En l'honorant, en lui donnant la protection à laquelle il a droit, et surtout en le soumettant au puissant aiguillon de la concurrence -. » « Savoir, vouloir et pouvoir élever un atelier, écrivait quelque vingt ans plus tard le Physiocrate Bandeau, voilà le seul caractère qui doit former la distinction entre les manufacturiers ou les ouvriers en chef et les simples manœuvres ^. )^

Mais à quoi eût-il servi de libérer la production, si la circulation, qui devait croître en intensité avec elle, fût restée embarrassée dans les anciennes entraves ?

« Tout ce qui tend à restreindre la liberté et le nombre des marchands ne vaut rien », avait écrit Colbert en personne (1671). En réalité, le commerce de gros, même en France, avait toujours été libre, ouvert aux nobles comme aux roturiers, et l'édit de 1765 ne fit que reconnaître lé fait accomph. Nous avons indiqué comment la circu-

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