Voir l'Introduction, p
réserves. Car « dès le xv^ siècle on avait vu apparaître en Angleterre un agent économique, qui était en ce pays une nouveauté, l'artisan-capitaliste. Jusque-là le paysan, le propriétaire, le noble, le monastère, la corporation laïque y achetaient la matière première et louaient un artisan pour la façonner. Peu à peu on s'habitue à acheter des objets fabriqués à l'avance : c'est donc que les artisans disposaient déjà d'un capital suffisant pour travailler en vue des besoins futurs de leur clientèle ^ »
Puis survient le renfort inattendu, mais précieux, des capitaux étrangers. Dans la première moitié du xvii^ siècle, une nombreuse colonie de Juifs espagnols s'étabht à Londres, et Cromwell lui-même ne dédaignera pas de la protéger : ces mécréants, tout en étant exclus de certains commerces, n'en montent pas moins de grandes affaires. Bientôt après ce sont les plus riches des réfugiés de France qui apportent à leur patrie d'adoption le concours' de leur argent en même temps que celui de leur expérience.
Au siècle suivant, sans doute, l'industrie nationale protestera contre le drainage abusif de capitaux qu'entraîne l'extension démesurée du commerce exotique par les soins d'une compagnie privilégiée. Mais ses plaintes sont excessives, et souvent même inconsidérées. Le grand commerce dans l'ensemble, loin de la priver des trésors et des énergies nécessaires, est le plus puissant instrument de ses succès. D'autre part, le mouvement de concentration foncière qui, vers 1750, s'accentue, va lui envoyer maints transfuges d'une agriculture déchue, qui, après avoir réahsé un petit avoir en vendant leur terre au grand seigneur voisin, se trouvent prêts à entreprendre la « révolution industrielle ».
Quant à la main-d'œuvre, nul ne proteste, certes, si le gouvernement favorise une immigration particulièrement utile. Déjà des artisans florentins, des ouvriers