‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 28 sur 151 · Thorold Rogers, p · texte numérisé non relu

Thorold Rogers, p

les soins plus assidus, les pratiques plus expérimentées d'entrepreneurs spéciaux. Ceux qui lui apportent le complément de capitaux et la direction technique indispensables, ce sont les grands fermiers, qui ne se multiplient guère qu'au xviii® siècle : gens riches de leur propre fonds ou qui ont profité de la baisse de l'intérêt pour constituer leur matériel d'exploitation à bon compte, véritables « financiers » qui possèdent parfois vingt charrues, et qui seront capables de sacrifier des centaines de francs pour améhorer un seul arpent.

Encore fallait-il que le fermier fût disposé à tirer tout le parti possible des capitaux qu'il pouvait consacrer à son exploitation. Jusqu'en 1527 il semble bien que la loi ne lui avait pas officiellement garanti la pleine jouissance des droits que lui conférait son bail jusqu'à l'expiration du contrat ^ ; et longtemps encore le régime si mal entendu de la tenure précaire {at will) devait se perpétuer, non seulement en Irlande, mais en Angleterre même. Dès le xvii^ siècle cependant, suivant le vœu de Gabriel Flattes ■^, qui avait proclamé la nécessité d'intéresser plus vivement le fermier à l'amélioration de la terre, les propriétaires prennent l'habitude de ne plus résilier indûment les baux établis. Bien mieux, ils accordent à leurs locataires, moyennant indemnité, des renouvellements anticipés, ou bien ils leur concèdent directement un bail à long terme, quelquefois même viager.

Il ne fallait pas moins que les efforts combinés de ces différentes classes sociales pour achever l'œuvre séculaire du défrichement. Nous avons peine à nous figurer que vers 1685 les terres de labour et les prés couvraient à peine la moitié de la superficie du royaume ; le reste était en bruyères, en forêts, en marécages. Certaines campagnes étaient infestées de renards ; les cerfs erraient dans les

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