Toicnship est à peu près l'équivalent de commune
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et d'économiser bien des frais inutiles. Et puis un grand fermier, plus éclairé, plus riche, saura mieux qu'un autre se procurer des semences de choix, l'outillage le plus perfectionné ; il aura en outre l'avantage de pouvoir garder ses grains bien au delà de la Noël et attendre le relèvement des cours qui se produit invariablement vers la fin de la « campagne » annuelle ; enfin dans cette entreprise largement montée on pourra, comme dans une puissante manufacture, introduire la méthode rémunératrice de la division du travail. Il n'est guère qu'une seule branche importante de l'économie rurale où les petites fermes gardent leur supériorité, et où l'industrie agricole conserve en quelque sorte un caractère- domestique : c'est l'élevage des volailles.
I 3. — Les classes agricoles.
Coup d'œil sur l'Irlande. — Retour à l'Angleterre : la tortane des grands propriétaires. — Les vicissitudes de la yeomanry et des petits fermiers. — L'enrichissement des gros fermiers. — Alternances de bienêtre et de misère des journaliers.
Nous avons essayé d'exphquer comment, au cours des trois siècles qui nous occupent, le produit de la terre anglaise avait dû s'accroître dans de fortes proportions. Elargissement du marché intérieur et extérieur, faveur du gouvernement et de l'opinion, augmentation des capitaux consacrés à la culture, progrès de l'agronomie, tout y avait concouru. Etudions maintenant comment cette richesse nouvelle s'est répartie entre les différentes classes qui participent à l'entreprise agricole, et comment chacune d'elles s'est trouvée affectée par les transformations commerciales et techniques.
Il convient de faire ici ^ine place spéciale à l'Irlande. Ce malheureux pays, uni de force à l'Angleterre, a été pendant de longs siècles traité par elle en pays conquis.
Les conquérants ont commencé par y détruire le système communautaire de la possession des terres, qui
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faisait de tous les membres du clan les co-propriétaires du sol, et qui a peut-être laissé une trace dans la coutume irlandaise d'après laquelle le tenancier a droit à la plusvalue donnée au terrain par son travail et son capital. Mais c'est à partir du xvi^ siècle que la dépossession et l'oppression des indigènes sont poussées avec une rigueur impitoyable. Les. Irlandais, aux yeux des Anglais^ d'alors, n'ont plus seulement le tort d'être d'une autre race, déparier une autre langue: ils sont coupables de professer une autre religion ; ils demeurent catholiques, pendant que la grande île voisine passe au protestantisme. Aussi confiscations, massacres,^ incendies ne leur sont-ils pas épargnés. Au temps d'Elisabeth, la partie la plus fertile de leur pays, l'Ulster, devient une véritable colonie puritaine, où des seigneurs anglais et des marchands de la Cité se partagent le territoire enlevé aux habitants primitifs.
Au temps de Cromwell, l'Irlande, qui se prononce pour là monar'chie absolue des Stuarts, expie durement sa fidélité à une cause vaincue. On estime que 500.0.00 personnes y sont alors passées au fil de l'épée, 100.000 vendues comme esclaves dans les colonies. Ce qui reste de catholiques est, de gré ou de force, transplanté dans la région marécageuse du Connaught : le fleuve Shannon sert de limite entre les sur^dvants et les nouveaux venus qui remplacent les morts et les expulsés ^.
Un peu plus tard, sous et après le règne de Guillaume III, les Irlandais méprisés, spoliés, réduits à la condition de tenanciers précaires sur leurs propres terres, exclus des . carrières libérales, gênés par mille entraves dans leur commerce et leur industrie, sont vraiment un des peuples martyrs de l'Europe moderne, et les paysans, ignorants, affamés, n'ont guère d'autre ressource que d'aller chercher au delà des mers une autre patrie. On comprend