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CHAPITRE IV

Si les Provinces-Unies et l'Angleterre ont précédé la France dans les voies du progrès économique, ce grand royaume les suit de près, et par le nombre de ses habitants il constitue pendant la période moderne TEtat de beaucoup le plus considérable de tout l'Occident. 1! convenait donc d'accorder au récit de ses destinées laborieuses un ample développement ; mais pour faciliter l'intelligence de cette histoire, peut-être ne sera-t-il pas inutile de rappeler d'abord les brusques vicissitudes dont elle fut remplie.

Le règne de Louis XII et les premières années de celui de François l^'' (jusqu'en 1525) offrent le spectacle rare d'une prospérité complète, dont l'éclat, malgré les luttes extérieures et les prodigalités de la Cour, persiste, en s'affaibhssant toutefois, jusque vers 1560. Puis s'ouvre la longue et terrible crise des guerres de religion, qui dure jusqu'à la fin du siècle. Le brillant et rapide relèvement qui s'accomplit sous le gouvernement de Henri IV est trop tôt interrompu par sa mort : de 1610 à 1661 s'étend une période incertaine, troublée encore à deux reprises par les guerres intestines, et où la France parait plier sous le double poids de ses institutions monarchiques qui achèvent de s'étabhr et de son hégémonie politique et militaire qui se fonde. Puis c'est la grande époque du règne de Louis XIV, un quart de siècle de magnifique épanouissement (1661-1685) ; mais une politique d'op-

pression à l'égard des sujets, de provocation à l'égard de l'étranger, arrête cet essor : pendant quarante ans la France cesse de grandir en richesse et en force, et même elle décline (1685-1715). Après cela, jusqu'à la Révolution, le progrès économique reprend : très sensible déjà jusqu'en 1740, ralenti par les grandes guerres continentales et maritimes qui se succèdent de 1740 à 1763, plus assuré enfin pendant les dernières années de l'Ancien Régime. Nous aurons d'ailleurs à examiner jusqu'à quel point, pendant ces trois siècles si féconds en revirements de fortune, le progrès social a suivi le même rythme.

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