‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 40 sur 151 · D'après Arnould, 311 millions de livres contre i · texte numérisé non relu

D'après Arnould, 311 millions de livres contre i

la France est en mesure d'en exporter, c'est la prohibilion qui prévaut. Déjà Philippe lé Bel javait interdit l'exportation des laines; cette défense est renouvelée à plusieurs reprises pendant la deuxième moitié du xvi^ siècle.; au commencement du xvii® elle est étendue au lin, au chanvre, aux soies : le gouvernement entend maintenir à bon marché les productions qui servent d'aliment à l'industrie textile, comme le pain qui doit nourrir la masse du peuple, particulièrement les ouvriers. En revanche, la réexpédition des denrées coloniales, qui commence vers 1670 ^, n'a jamais cessé d'être Ubre, et à partir de 1736 elle bénéficie d'une entière franchise. Au cours du xviii^ siècle ce trafic triple de valeur ; en 1789 le sucre et le café des « îles » d'Amérique figurent ensemble au premier rang des exportations françaises. Et à destination des colonies, la sortie des farines, tout comme i-elle des vins et des eaux-de-vie, aura toujours été autorisée.

En fait de produits manufacturés, la France n'expédie guère, tout d'abord, qu'un seul article d'importance, les toiles grossières ; puis, à partir du xvii** siècle, elle exporte une quantité croissante de draps et de soieries. En seconde ligne viennent la, quincaillerie, la bijouterie, la papeterie ; peu à peu les exportations industrielles de la métropole en arriveront à dépasser ses exportations agricoles. Inutile d'ajouter que les premières furent constamment l'objet de la faveur gouvernementale.

Le tableau des principales importations françaises et (les règlements qui s'y appliquent présente, comme il est naturel, des caractères exactement inverses. Si l'on met à part les denrées coloniales, nulle importation permanente ou considérable de produits alimentaires : du blé les années de disette ; un peu de bétail ou de

1. Golbert écrit en 1670 : « Les étrangers ne nous apportent plus de sucre pour noire consommation ; et nous commençons même à leur en envoyer. »

poisson conservé, à certaines époques : c'est à peu près tout. Ce sont les matières premières destinées aux industries textiles qui constituent le gros des achats. Et la royauté accorde aux importateurs de ces deux catégories d'articles de larges franchises. L'entrée du blé a toujours été libre ; à la fin du règne de Louis XIV les droits d'entrée sur les céréales sont réduits à un taux insignifiant ; ils seront supprimés de 1740 à 1764 ; même, toutes le« fois que l'approvisionnement du royaume paraît insuffisant, on n'hésite pas à en encourager l'introduction par des primes. A partir de 1687 le droit d'entrée sur les moutons d'Allemagne est abaissé des cinq sixièmes. Si, au cours du xvii^ siècle, la France met des taxes prohibitives sur les harengs hollandais ou anglais, il ne faut voir là qu'un acte de représailles, non une manifestation de sa politique économique générale.

A l'égard des denrées coloniales, il convenait que les droits d'entrée fussent également réduits au minimum. Telle est en effet la mesure édictée sous l'influence de Law en 1717 : c'est alors que les produits des Antilles, d'abord le tabac et le sucre, puis le café, remplissent les entrepôts du royaume, sans parler des arrivages de moindre importance comme le cacao, l'écaillé, les bois d'ébénisterie et de teinture, et, vers la fin du siècle, le coton. L'introduction de l'indigo fut la seule qui souleva des difficultés : en 1601, « malgré les protestations des Lyonnais, qui affirmaient que cette drogue, était préférable au pastel pour les teintes foncées, et qu'il en fallait deux cents fois moins, le pastel, énergiquement soutenu par les Toulousains dont il faisait la fortune, l'emporta ^ » provisoirement ; pour un temps il fut interdit d'importer de l'indigo sous peine de mort.

L'importation des produits manufacturés est au contraire soumise à de multiples entraves, quand elle n'est

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