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G. Renard et Wellefisse. J2
178 LE TRAVAIL DANS l'eI ROPE MODERNE
dans les Antilles : la compagnie moribonde vend des licences à tous les armateurs français libres qui en sollicitent, et ceux-ci, en peu de temps, deviennent les maîtres de ce trafic. En 1682,. la Compagnie des Indes orientales ouvre à tous les négociants français les côtes de l'Hindoustan, pourvu qu'ils se servent de ses navires et qu'ils vendent dans ses magasins ; sous ce régime de demiliberté les échanges se multiplient. Les Compagnies du Sénégal et de Guinée exercent, non sans succès, le commerce des nègres : elles en transportent environ deux mille annuellement d'une rive à l'autre de l'Atlantique. Sur les côtes de France et d'Angleterre, les matelots français pèchent le hareng, la sardine, le maquereau ; les plus hardis d'entre eux pénètrent, à la poursuite des baleines, jusque dans îes mers polaires.
Mais vers 1685 le tableau change de nouveau ; car les bâtiments ne sont plus guère protégés par les vaisseaux du Roi. Le commerce du Levant tombe en grande partie aux mains des Anglais ; la navigation avec les Iles périchte. En pleine guerre, les navires hollandais, couverts par le pavillon danois ou suédois, entrent dans les ports de la France, s'emparent même du cabotage, que les ordonnances réservaient au pavillon national. « Pas de constructions, malgré les primes. Les armateurs n'ont pas le droit d'enrôler des marins : le Roi les garde pour lui. Les capitaines, forcés de compléter leur personnel comme ils peuvent, prennent des aventuriers, des invalides même, ou des étrangers i. »
Cette fois encore, cependant, la décadence n'est pas définitive. La Compagnie des Indes orientales, reconstituée par Lawet sauvée du désastre de la Banque, entretient à elle seule cent gros navires. En un quart de siècle (1715- 1740) le chiffre des vaisseaux occupés au commerce extérieur se relève de 300 à 1.800. Si l'on y ajoute les bâti-