‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 60 sur 151 · Voir Fagniez, Économie sociale, p · texte numérisé non relu

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Pour hâter cette évolution, il n'était pas inutile que l'Administration elle-même payât de son argent et de son exemple. Hemi IV avait fourni aux premières manufactures de toiles et de drap d'or une partie de leur capital d'établissement et servi des pensions à leurs directeurs. Sous Golbert. les industries textiles, à elles seules, reçoivent, à titre d'avances non remboursables, de subventions, de pensions, de primes à la production, huit millions de livres, sans parler des grosses commandes passées par l'Etat dans l'unique but de faire une réclame à leurs articles. Le ministère obtient d'ailleurs de certaines villes, comme Lille, qu'elles procurent des locaux, et de certains Etats provinciaux, comme ceux du Languedoc et de Bourgogne, qu'ils soutiennent de leurs subsides les entreprises naissantes. « Il est vrai que les sommes données en assistance aux manufactures sont médiocres, en comparaison de celles que dévorent les bâtiments ; et elles deviennent insignifiantes les années de guerre. Louis XIV dédaignait les médiocres problèmes de l'économie ; ses préférences allaient à la gloire et à la magnificence i. »

Cependant si Louvois, par rancune surtout, laissa tomber plusieurs des créations de Colbert, il créa lui-même ou soutint par les mêmes moyens des établissements analogues ; et ses successeurs en fondèrent davantage encore, soit pour introduire dans le royaume des industries nouvelles, soit simplement pour contenter des favoris. Jusqu'au bout la monarchie persévérera à distribuer des secours et des encouragements aux grandes entreprises. En 1727 une part du revenu des droits d'entrée perçus sur les marchandises d'Amérique est affectée à la Caisse du Commerce, et c'était là une ressource toujours grandissante.

Dans quelques occasions enfin le roi s'érige lui-même en grand industriel. Richelieu fonde l'Imprimerie royale,

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