Aux portes de Paris
telles blanches de Venise i. Mais le goût des cours européennes, qui soutient cette délicate industrie après qu'elle a été laissée à ses seules ressources, ne tarde pas à l'abandonner au siècle suivant. Au 18^ siècle toutefois, Valenciennes occupa de 3 à 4.000 ouvrières.
Voici enfin paraître la cadette des industries textiles. Au Moyen-âge, si l'on avait importé par Marseille un peu de coton du Levant, ce n'était guère que pour confectionner des mèches de chandelles. Au xvi^ siècle, quelques fabricants de futaine imaginent de tramer du coton sur la chaîne de lin ; mais les tissus tout en coton, notamment le hnge damassé, constituent un produit de luxe, et le peu que l'on emploie vient d'Itahe, d'Allemagne ou d'Angleterre. Les cotonnades et la bonneterie de coton ne prennent vraiment une , place importante dans le royaume qu'aux environs de 1680. La difîusion de ces nouveaux articles est retardée par l'intervention du gouvernement, qui, non content de brûler des cargaisons entièras d'indiennes authentiques, défend aux fabricants « de peindre ou imprimer aucunes fleurs ou autres figures sur toute étoffe composée de coton ». A peine, dans la première moitié du xviii^ siècle, tolère-t-on les siamoises — mouchoirs, tabhers, rideaux à raies et à carreaux, — dont la chaîne au moins est de soie ou de fil. En 1759 enfin, en partie grâce à l'exemple donné par M'^^ de Pompadour, la prohibition est levée. Alors commence la fortune de la rouennerie, c'est-à-dire des tissus de pur coton auxquels le rouge d'Andrinople donne un cachet spécial ; et Oberkampf fonde à Jouy-en-Josas ■ sa célèbre manufacture d'indiennes, où il file et tisse le coton qu'il couvre ensuite de ses dessins. La filature avait d'ailleurs commencé de se développer dès le lendemain de l'arrêt qui avait donné à l'industrie campagnarde un statut régulier
1. A Reims, une manufacture privilégiée est dirigée par la propre nièce de Colbert, nonne au couvent Sainte-Claire.