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Dans la vallée de la Bièvre, près de Paris

(1762) ; dès lors les filés de France avaient peu à peu remplacé les médiocres articles qu'il fallait faire venir de rinde ou de l'Asie Mineure. Les étoffes de coton sont bientôt recherchées, non seulement pour la toilette féminine, mais pour les meubles et pour la tenture des appartements ; les fabriques de Rouen, d'Amiens, de Troyes en expédient des quantités croissantes aux colonies françaises et espagnoles.

Les industries qu'on peut appeler chimiques — ou tout au moins minérales — se développent en grande partie pour satisfaire aux besoins de l'industrie textile. Le fait est assez connu pour la teinturerie ; la savonnerie s'établit de même à Amiens et à Abbeville pour le dégraissage des laines. Mais elle grandit surtout à Marseille, qui réunit dans son entrepôt les huiles d'olives provençales et espagnoles et la soude obtenue par la combustion des varechs méditerranéens. — L'industrie de la faïence était naturellement fort ancienne, et dès le xvi^ siècle Rouen et Nevers avaient su donner à leurs produits un caractère artistique. Au temps de Louis XIV, on imite les porcelaines de Hollande, elles-mêmes inspirées des potiches chinoises ; et vers la fin du règne les lois somptuaires, restreignant l'usage de la vaisselle d'argent, provoquent en Provence une éclosion de céramique d'art. Au xviii^ siècle, la faïence se répand dans les campagnes ; mais lorsque la concurrence anglaise, favorisée par l'abondance de la houille, s'exerce librement, nos fabricants auront tout d'abord grand'peine à la soutenir. En revanche, la réputation des biscuits de Sèvres s'étend dans toute l'Europe, et la découverte des gisements de kaolin de Saint- Yrieix (1768) est pour Limoges, la vieille cité des émailleurs, le présage d'une prospérité nouvelle.

Sable fin et sels de soude, la France possédait les principales matières nécessaires à la verrerie. Depui^ longtemps, des fabriques de bouteilles, de' vases, de vitres, s'étaient installées à proximité des forêts qui ahmentaient

leurs fournaises, notamment dans l'Argonne et dans la Basse- Normandie, sans parler de la Lorraine ; ces articles communs s'écoulaient jusque dans les Pays-Bas. Au xviii^ siècle, renouvelée par l'heureuse adoption des procédés usités en Bohême, la piX)duction continue de grandir, jusqu'au *jour où elle subit la redoutable concurrence des verriers britanniques, momentanément avantagés par l'économie qu'ils réahsent sur le combustible. Entre temps, la France avait dérobé à l'Italie le monopole do la verrerie fine. Les premières cristalleries de luxe avaient été installées dans le royaume par un Bolonais, sous le règne de François I" ; un peu plus tai'd les Gonzague, itahens d'origine, avaient introduit cette industrie dans le Nivernais ; quant aux cristalleries de Baccarat, leur réputation n'a grandi que lorsque la Lorraine fut devenue définitivement française, sous le règne brillant de Stanislas Leczinski. A Henri III revient l'honneur d'avoir fondé la première manufacture de glaces de Venise : mais les verriers de Murano avaient conservé le secret de la grande miroiterie. Colbert seul parvint à le leur arracher ; la fameuse galerie de Versailles témoigna, du triomphe de ses efforts, et les produits sortis des manufactures de Tourlaville \ de Saint-Gobain et des Bombes défièrent longtemps la contrefaçon étrangère.

Il était une industrie encore où la France avait rapidement obtenu le premier rang. Dès le début du xvi^ siècle, les papetiers du Lyonnais jouissaient d'une vaste renommée ; bientôt, à Tinstigation d'Obvier de Serres, des papeteries de chiffon se fondent en Languedoc et en Dauphiné ; puis la fabrication se concentre dans les villes qui lui offrent abondance d'eau pure, comme Troyes et Angoulême. Au lendemain de la Révocation, le départ des meilleurs fabricants fait perdre au royaume la supériorité que leur habileté lui avait conquise ; mais, sans

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