‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 65 sur 151 · Dans le Coteatin · texte numérisé non relu

Dans le Coteatin

franchir les limites du marché national, le « progrès des lumières » assure à la production un débouché facile, qu'élargira encore, vers la fm du xviii^ siècle, l'usage nouveau des papiers peints.

Comme il est naturel, l'extension de l'industrie métallurgique est beaucoup plus tardive. Les premiers hauts fourneaux ne s'élèvent que vers 1550 ; la sidérurgie se locahse d'abord dans les régions boisées où le minerai est d'extraction facile, comme le Bocage, le Perche, l'Autunois aussi et le Semurois où l'on reprend l'exploitation des minières autrefois exploitées par les Romains. Mais le fer est à cette époque si rare et si coûteux que la grosse métallurgie se limite presque à la fabrication des armes : à la fm du siècle la France possède 13 fonderies de canons ; c'est à peine si l'on peut signaler en dehors l'établissement de fabriques de faux en Dauphiné sous Henri IV. La quincaillerie, par contre, se développe assez vite ; dès le temps de Richelieu, les produits à bon marché du Forez et du Limousin rivalisent avec ceux d'Allemagne, s'exportent en Espagne et aux Indes espagnoles ; et Laigle ^ s'est déjà fait une spécialité de la fabrication des épingles. A l'époque de Colbert l'industrie du fer blanc, dont la Bohême avait le monopole, est introduite dans la forêt de Couches "; un peu plus tard la coutellerie s'installera dans le Périgord et dans le Berri. Pour fournir les armées du Grand Roi, Saint-Etienne et Châtellerault fabriquent déjà des armes blanches, ainsi que Charleville et Rayonne ; Grenoble, grâce aux mines d'Allevard, forge des ancres en même temps que des lames d'épée ; le Soissonnais, la Franche-Comté travaillent pour l'artillerie. Mais c'est surtout dans le Hainaut, récemment conquis, que la grosse métallurgie s'installe : 24 hauts fourneaux, 50 forges et 6 fonderies, sans parler

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