‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 71 sur 151 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

Mais depuis le xvi^ siècle, et surtout depuis le xyii^, l'industrie était soumise à une autre tutelle, celle de l'Administration royale, que justifiait dans une certaine mesure soit le souci de maintenir le renom des fabriques nationales, soit le désir de sauvegarder l'intérêt des consommateurs, mais qu'inspirait trop souvent une instinctive aversion pour toute initiative individuelle ou pour toute nouveauté. « Sous le ministère de Colbert 38 règlements et 150 édits se'Succèdent. En 1669 on détermine la longueur et la qualité des draps : quatre mois sont donnés pour rompre les anciens métiers et les reconstruire conformément aux dimensions prescrites i. » On interdit l'usage des cardes de fer, que Ton considère comme nuisibles à la bonne tenue des étoffes : on interdit le ramage, c'est-à-dire l'étirage des pièces, qui était parfois une nécessité. Pour faire exécuter les règlements, il faut créer tout un corps de commis-inspecteurs. Le ministre entend les choisir parmi les meilleurs commerçants, mais il lui arrive de nommer « de simples pédants de bureau qui font les capables. Ces commis se rendront dans toutes les villes. Là où les artisans sont organisés en corporations, ils verront si elles sont en bon ordre. Là où le travail est libre, ils assembleront les maîtres façonniers, et leur feront élire des gardes ou jurés qui seront responsables de la police du travail. » Toute pièce portera la quadruple marque du tisserand, du teinturier, du fabricant, des gardes-jurés. Les marchandises envoyées dans une ville seront déchargées à la halle pour y être visitées ; les gardes-jurés auront leurs entrées partout, même (du moins en droit) chez les tisserands de la campagne.

. Pour punir les déhnquants, ce n'est pas assez de confisquer les étoffes défectueuses : on les exposera sur l'échafaud de honte ; en cas de récidive, un blâme pubhc sera infligé au fabricant ; à la troisième faute celui-ci

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