Voir ci-dessous
se plier à leurs volontés : «En 1724, le roi voulant acheter des armes à Saint-Etienne, les armuriers lui firent savoir qu'ils ne pourraient lui en fournir. Les sieurs Perrin et Poinat de Lyon avaient accaparé tous les fers \ »
Cependant ces nouveaux a maîtres » de l'industrie ne sont guère plus que les anciens égaux entre eux. Tous ne réussissent pas ; parmi ceux qui prospèrent, combien il y en a qui ne sont ni les seuls artisans ni les seuls bénéficiaires de leur succès ! Beaucoup n'ont pu s'établir ou élargir le cercle de leurs affaires qu'en cherchant dans le monde du conjmerce maritime ou de la finance, voire parmi les nobles, des commanditaires. Beaucoup ont dû acheter le monopole qui les enrichit : l'homme bien en Cour — c'était maintes fois un gentilhomme — qui a obtenu le privilège, ne l'a cédé au véritable fabricant qu'à la condition d'en partager les profits. De même, au-dessous d'eux, les grands entrepreneurs ont fait naître toute une série d'intermédiaires, directeurs, inspecteurs, contrôleurs, qui les séparent de la foule anonyme des simples ouvriers. Ceux-ci, qui louent leurs bras pour un salaire, forment l'autre pôle du système. Ce sont eux qui portent tout l'édifice ; ce sont leurs conditions d'existence qu'il nous faut maintenant étudier.
B. La condition des salariés. — La question des apprentis. — La discipline de fabrique. — La double concurrence de la main-d'œuvre féminine et de la main-d'œuvre rurale. — Attitude hésitante et double de l'Administration. — Les vicissitudes de la classe ouvrière.
Evolution du régime corporatif, développement de la grande industrie, circonstances historiques telles que la révolution monétaire ou les variations du chiffre de la population — sans parler de l'intervention administrative qui tend parfois à modifier l'effet de ces causes naturelles : dans quel sens ces divers facteurs ont-ils affecté le sort de la classe salariée ?