‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 80 sur 151 · Voir ci-dessous, p. 270 et · texte numérisé non relu

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3. Cité par Gorniain Martin, Grande industrie sous Louis XV, p. 330. Les fabricants de soieries euiployaient également déjà la main-d'œuvre enfantine.

jour, et un tisserand de huit. Mais combien elle devient plus redoutable, quand les grands manufacturiers en organisent méthodiquement l'exploitation: c'est ce qui arrive, nous le savons, au siècle suivant, dans certaines provinces. En vain les diverses catégories de travailleurs urbains, artisans des corporations, ouvriers des fabriques citadines, élèvent de vives clameurs contre l'ennemi commun. Les tisserands de Lille ont beau^protester contre un arrêt qui fait la joie de ceux de Roubaix '■; et les ouvriers des manufactures d'Amiens ont beau, pour une fois, marcher d'accord avec leurs manufacturiers : la nouvelle législation ne fait que reconnaître le fait accomph ou se prêter- d'avance à une évolution irrésistible.

Divers autres, phénomènes sociaux influent sur la condition des ouvriers. Sauf pendant les courtes périodes où les guerres religieuses et les invasions amènent la raréfaction de la main-d'œmTe, le mouvement de la population leur est plutôt défavorable, tendant à accroître à la fois le prix des denrées et « l'offre » du travail. Au xvi® siècle, les patrons ne manquent pas de tirer parti de la révolution monétaire pour vendre leurs marchandises plus cher, mais ils retardent autant qu'ils le peuvent la hausse corrélative des salaires. Il n'est pas jusqu'aux dernières variations des monnaies qui ne tournent au détriment des salariés. En mars 1724, ,une refonte ayant porté au poids de un franc la livre qui ne correspondait qu'à 63 centimes l'année précédente, une circulaire officielle prescrivit de diminuer le prix nominal des marchandises, mais nulle baisse effective ne se marqua ni dans le taux des matières premières, ni dans celui des denrées ; en maints endroits cependant, à Paris, à Rouen, en Dauphiné, les patrons prétendirent réduire les salaires.

Quelle est donc à l'égard de la classe ouvrière l'attitude de l'Administration ? Elle est hésitante et double. —

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