‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 88 sur 151 · Voir d'Avenel, Paysans et ouvriers, p · texte numérisé non relu

Voir d'Avenel, Paysans et ouvriers, p

pler le troupeau national. L'Administration finit par entrevoir quelle était son erreur ; nous avons déjà indiqué quelles mesures elle prit pendant la seconde moitié du xviii^ siècle pour restreindre progressivement un usage aussi contraire à la bonne économie du royaume. Sous Louis XVI un tribunal interdit à tous particuliers de posséder des bestiaux « sans avoir au préalable justifié qu'ils possèdent des pâtures suffisantes » : c'était le renversement complet de l'ancien ordre de choses.

Où le gaspillage du sol atteignait son maximum, c'était sur les communaux. On Voit ceux qui en sont les propriétaires, ou plutôt les usufruitiers perpétuels, redoubler d'efforts pour y entretenir souvent des ronces et des bruyères. En 1625 les paroisses voisines de Chinon protestent contre le défrichement de 365 arpents de soidisant bois que l'on veut convertir en prés : elles allèguent <( qu'elles n'auront plus d'épines pour chauffer leurs fours », Là où le communal est en prés, l'herbe est piétinée en sortant de terre ; chacun voulant préA'enir les autres, tout est détruit en naissant. Les économistes du xviii^ siècle n'auront point tort de déclarer que cette « jouissance commune est une continuité de dévastation et de brigandage 1 ». Aussi bien, à partir de 1750, le partage de ces terres indivises commence-t-il, un peu partout, à s'effectuer. Mais, bien avant cette époque, le gouvernement avait dû réglementer les droits d'usage et de pacage dont les communautés jouissaient dans toutes les forêts. Dans telle paroisse où, cent vingt ans auparavant, on reconnaissait à tout le monde le droit de couper du bois pour son usage ou pour le vendre, un accord de 1551 stipule que « ni le seigneur ni les habitants ne pourront en couper que pour leurs provisions et ustensiles ». En plusieurs endroits le pacage est désormais interdit du 1^^ octobre au 15 mars -,

Page 1