Dans son Mémoire sur la nature des terres
2. Voir dans la même collection, le livre de MM. Renard et Dulac, p. 331 .
cherchent à imiversahser l'assolement triennal, blé, avoine ou autres menus grains, jachère ; pour les meilleurs terrains seulement ils souhaitent qu'on apphque l'assolement au quart, voire cette rotation perpétuelle dont certains cantons de l'Angleterre, et en France même le pays de Caux, donnaient l'exemple. Bientôt, en effet, sous le règne de Louis XVI, le recul de la jachère devient sensible. Mais pour obtenir de la terre un meilleur rendement, ce n'était pas assez de lui redonner les éléments de fertilité qu'on lui enlevait et de mieux régler ses aménagements successifs : il fallait procéder à un travail mécanique du sol plus complet. Vers le milieu du xviii^ siècle, dans le Midi notamment, les antiques areaujc en bois et sans roues sont encore en usage ; les paysans les plus misérables se contentent de tracer leurs sillons avec un simple crochet, qui n'est même pas toujours garni d'un fer de lance ou de bêche, et que deux ânes suffisent à tirer. Il y avait un siècle et demi qu'Olivier de Serres avait montré la nécessité des labours profonds, lorsque sont construites les premières charrues dignes de ce nom, munies d'un contre et de grandes roues ; encore ne deviendront-elles d'un usage courant qu'après la Révolution. On connaissait depuis un temps immémorial la herse et le rouleau ; vers la fm de l'Ancien Régime le brise-mottes est introduit dans le Languedoc. Le semoir, qui procurait une double économie de semence et de main-d'œuvre, commence à peine d'être employé. Pour «scier» la moisson on ne se sert que de la faucille, car l'usage de la faux, qui permet de couper les chaumes au ras du sol, est interdit 1 ; on ne s'en sert que pour les prés. Il va de soi que l'on bat le blé uniquement au fléau ; et les ventilateurs à grains sont très rares : le plus souvent, on se borne à les secouer dans un van d'osier à l'encontre de la brise, comme on le fait encore en Extrême-Orient.