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D'Avenel, Paysans et ouvriers, p

Jusque-là les. dépôts de remonte avaient été répartis un peu au hasard chez les gentilshommes ; ils furent placés sous la direction d'un écuyer du Roi. L'entreprise ne réussit point partout, elle échoua, par exemple, en Languedoc ; et surtout elle fut compromise par le règlement de 1718, qui réservait aux nohles l'avantage de posséder des étalons royaux et prétendait interdire toute saillie autre que par ces reproducteurs brevetés. La population chevaline diminua, et, malgré le développement de l'élevage en Bretagne, malgré la création du haras de Pompadour (1759) et de douze nouveaux dépôts, les campagnes, à qui il importait assez peu d'avoir des bêtes de sang, purent se plaindre d'être mal pourvues. En revanche on avait réussi à introduire la race des baudets d'Espagne (1710), et les mulets prospéraient déjà en Gascogne et dans le Poitou.

En définitive, par l'effet combiné de l'extension de& débouchés, de l'accroissement des capitaux et des perfectionnements techniques, l'agriculture française a accompli de notables progrès : la superficie productive s'est agrandie et le revenu de l'hectare s'est élevé. Mais ce développement n'a pas été continu : il a été interrompu par deux périodes de stagnation et même de recul. La fin du xv^ siècle et la première moitié du xvi® forment une première époque de prospérité. Si nous en croyions le panégyriste Claude Seyssel, un tiers du royaume aurait été remis en culture entre les années 1480 et 1510 ; un fait certain, c'est qu'il s'est produit un véritable débordement de la culture, qui a atteint jusqu'aux grandes forêts^ jusqu'aux berges des rivières navigables, et contre lequel il a fallu prendre des mesures (1528) ; « jusque sur les plateaux brûlés et dans les plaines rocheuses de la Provence, que notre agronomie actuelle laisse ;^rides, les colonies vaudoises font surgir, avec la fertihté, vingt villes et villages^».

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