‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 95 sur 151 · Voir ci-dessus, p. 278-27y · texte numérisé non relu

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La grande propriété nobiliaire ne cesse de décroître. Les guerres d'Italie, puis les luttes religieuses déciment les gentilshommes, comme jadis les Croisades avaient éclairci les rangs des barons féodaux, et le luxe de la Cour les ruine. En vain Henri IV s'efforce de reconstituer une forte noblesse rurale, qui servirait d'intermédiaire entre la royauté et le peuple des campagnes ; les gens de qualité, du moins les plus riches d'entre eux, continuent de s'endetter, et de faire argent de leurs domaines pour payer leurs dettes. Cette évolution va s'accentuant pendant tout le xvii^ siècle, et ne se ralentit à peine que dans le dernier tiers du xviii^. Pourtant il est bon d'observer qu'en 1789 les nobles possédaient encore un cinquième du territoire total — non pas du territoire cultivé; et les domaines du clergé, dont il avait fallu limiter l'accroissement, présentaient une étendue au moins équivalente, une valeur supérieure.

En même, temps que s'accomplit le vœu de François I^'", qui avait souhaité d'absorber la noblesse dans la Cour, se réahse aussi celui de Louis XI, « qui avait rêvé l'expropriation lente du-seigneur par le bourgeois « i. Qui donc achètera les biens-fonds mis en vente par les nobles appauvris, sinon les gens que le commerce et l'industrie ne cessent d'enrichir ? De 1520 à 1570 déjà, une partie considérable du patrimoine des privilégiés a passé en des mains roturières, et ce vaste mouvement de transfert se poursuit sans interruption jusqu'à la fm de l'Ancien Régime.

Au-dessous de la grande propriété nobihaire ou bourgeoise s'étendaient la propriété et la quasi-propriété paysannes. La première était constituée par les anciens alleux, qui s'étaient maintenus assez nombreux en Berri, en Champagne et dans quelques autres provinces. La seconde comprenait toutes les terres qui avaient été concédées

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