‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 98 sur 151 · Voir Babeau, Vie rurale dans l'ancienne France, p · texte numérisé non relu

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le val«t de charrue, le maçon, le couvreur, qui sont propriétaires d'un petit champ, le font labourer par les fermiers pour lesquels ils travaillent, et comme ils ne ménagent pas leurs peines, ils parviennent à faire jaillir du plus modeste lopin de terre une source d'aisance K

Les grands ou moyens propriétaires, n'exploitant pas leurs terres eux-mêmes, les louent soit à des métayers, soit à des fermiers. Ce,ux-ci, qui sont d'ailleurs les moins nombreux, occupent naturellement dans la hiérarchie rurale un rang supérieur. Au xvii^ siècle les plus favorisés d'entre eux forment déjà une véritable bourgeoisie agricole. On les trouve surtout dans les pays de taille réelle, où le fardeau de l'impôt était moins accablant ; même dans les pays de taille personnelle, des fermiers, dont les propriétaires sont des « puissances » qui les protègent, par- \'iennent à se faire ménager, voire exempter dans la répartition. Ces « coqs de village», dont Golbert parle souvent, ont de belles «métairies, entourées de fossés, flanquées de tours, et qui portent au fronton les armes de la famille rustique. Ils possèdent unchartier où les terres et les bâtiments sont inscrits, et des plans où les maisons, les chemins et les arbres sont peints en telles couleurs. Même de plus médiocres maisons, couvertes de genêts, étaient plaisantes. La « salle » y avait belle mine, avec ses armoires à corniche logées dans le mur, la grande cheminée à rabat et les dressoirs où l'étain de la vaisselle luisait * ». En Champagne, nombreux sont les fermiers qm ont dans leur écurie 15 à 20 chevaux, et dans leiur étable plus de 20 vaches. En Bourgogne, il en est qui deviennent propriétaires de la moitié du « fînage », qu'ils font cultiver parfois par des métayers. En Brie, certains sont « plus aisés et plus pécunieux que beaucoup de seigneurs », vivent en gentilshommes, placent leurs enfants à la ville et leur achètent des charges anobhssantes ^

i. Voir G. Weulersse, Mouvement physiocraivfue, t. Il, p. 316.

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