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IV. La femme et le travail. La famille

N’avons nous pas dit assez sur la lot du travail, sa généralité, sa diversion. Dès lors n est-il pas clair que tout le genre humain y a sa part ? Tout le monde a sa mission laborieuse, pénible oui, mais

honorable. Mais chacun a la sienne: la sienne c'està-dire celle qui lui convient;, que lui assignent dans la vie les nécessités ou les circonstances, comme aussi les aptitudes naturelles qui le distinguent* Eile s’impose à l’enfant, il faut bii inciilquer de bonne heure cette haute notion de la vie laborieuse, mais il ne faut rappliquer qu’aux tâches proportionnées à son âge, à sou développement* Elle s’impose aussi à la femme. La femme n’est pas exempte de la loi. A quel titre le seraitelle ? Elle est dans l’humanité, sous la règle commune, mais ici encore son action doit être celle qui est indiquée par sa mission, par sa place dans le plan rationnel et divin de la vie. (1)

Nous le constatons donc, la femme aussi est appelée au travail, un travail, mais lequel ?

C’est ce qu’il faut rechercher.

V* Le travail qui convient à la femme ? (2)

Nous avons posé le principe général du travail, de sa dignité, de sa mission, de sa division providentielle. Que deviendrait l’humanité si tout le monde voulait gouverner et enseigner ? Quelle est la part de chacun f C^esi celle que lui assignenly disiom-mous^ soit la nécessüé et les circonstances — soit ses facultés et ses aptitudes. On peut en conclu7^e cerlames idées générales, comme ces idées aussi trouvent leurs exceptions.

(1) Iv. Garriguet, Kégime du travail, ti- p. W).

(2) Pour les n“* V et suivants voir L. Guarriguet* ouvr. cité,

t, L chap- V. Du travail et du salaire des femmes* Serti il anges.

Féminisme et christiaiiisme p* 101 : Le féminisme et le travail féminin. “ Kosler(trad* J de Rochay) La question féininislc p.

et Manning cité par lui, ibUL

Les facultés et les aptitudes, qui peut en douter pour la femme, sont avant tout celles qui se résument dans ia maternité et les devoirs élevés qu'el-* le comporte, qui donc s'avisera de contester cette vérité fondamentaîe, base de la vie de la famille et par elle de Thumanité même. Là au centre, dans cette cellule sociale qu'est la fa mille,s'exerce le rôle capital du travail de la femme, travail pénible, oui souvent, mais combien auréolé par la haute pensée delà mission même. Et d'ailleurs, ce n'est pas seulement, faut-il le dire, le soin matériel, c'est surtout ce soin de l'àme qui la forme de bonne heure el que la mère imprègne de ses premières et suaves leçons, qui presque toujours même à travers les agitations, voire les détours de la vie, laissent sur Lbomme sa marque jusqu'à la lin.

C'est sur les genoux de la mère que Tbomme se forme, que de fois l'a-t-on répété; qui ignore cette influence persistante de la chambre d'enfants à travers toute la vie. On ne s’y trompe guère ; l'influence maternelle bonne ou mauvaise, laisse sa trace indélébile. Former la génération qui se lève, préparer ia société de demain, tel est le rôle essentiel, fondamental, le travail élevé de la femme dans la vie sociale.

Ce travail là, c'est le ^z^îtavant tout, celui auquel le prédestinent ses qualité physiques et morales et les nécessités même de la vie sociale. C'est ce- Uii qui doit être accompli, il doit l^êive^ ^ -

E.st-ce là une dure parole ? C'est celle du bon sens cependant, c’est celle de la loi supérieure qui régit les destinées humaines. Est-elle si dure? Je vais peut-être heurter ici le sentiment d'une partie du public, mais je vais à la recherche de la vérité.

G'est-elle qui délivre l'humanité de la chimère èt lui donne ia paix.

VI La femme est-elle sacrifiée au foyer ?

Et aussitôt j^entends cette objection irritée : Esclave du foyer, claustrée dans la chambre d'enfants et la cuisine,.*. Halte, je ne continue pas cette énumération ! Et voyons de plus près.

Esclave du foyer ? Si Ton veut. Tout le monde n/est-il pas esclave de son devoir ? Est-il donc pour rhomme tant plus doux d’être Fesclave de la charme ou de la procédure* La femme du peuple qui soigne sou ménage est-elle pins lourdement chargée que Fhomme qui abat la houille on tisse le drap. La bourgeoise Fest-elle plus péniblement que Fhomme qui copie d’éternels grimoires, surveille des constructions ou des machines ou veille des malades. La femme du monde elle-même a-telle la vie plus rude que celui qui porte le soin et les responsabilités de la vie publique ?

Oui, il y a les hommes de loisir, ceux qui en ont ou s'en donnent l Ceux là n’en parlons pas ; si la femme les en vie, elle a le moyen de les imiter. Tons deux seront hors de leur devoir, hors de la loi !

Est-elle donc si dure la loi qui règle la mission familiale de la femme, sa mission fondamentale ? Et n’a-t-elle pas, comme tout autre non seulement ses réconfort d’ordre divin, mais aussi sa source souvent si riche de bonheur humain ?

Mais passons. . . La femme dit-on, est sacrifiée à un travail qui après tout réduit sa valeur inteL lectuelle 1 Est-elle forclose de cette vie de Fesprit dont Fbornoie veut souvent s'emparer en lui laissant la matière ? Ici encore il y a arrêt. Non, elle n’en est pas exclue 1 sans doute, il y a des soins matériels dans sa vie, il y en a aussi dans la plupart des vies d'homme et même de très lourds,

mais la mission féminine même pour être bien remplie exige une formation morale et un développement intellectuel en rapport avec le rôle même de sa famille. Pour former l’enfrint, pour aider \

dans rœuvre familiale, il lui faut tout autre chose et plus que la capacité ménagère. Celle-ci est né cessaire, mais ne suffit point du tout. Elle doit avoir les clartés qui lui permettent d^agir^ de comprendre, d^infhiencer, de conseiller : n’est-ce pas de la profonde intellectualité 1 qui oserait le méconnaître? Sans doute, cela doit être en rapport avec le rôle même de la famille, celui auquel les siens sont destinés, mais n’est-ce pas le sort ^

de tout le monde, et les hommes y échappent-ils ?

Et alors, car ceci devient bien long, je prends cette conclusion, le travail féminin s’exerce aussi et hautement dans Tordre intellectuel et moral, mais dans tordre^ suivant sa mission propre. C’est là qu’elle trouve le perfectionnement de son être, car chaque être agit le mieux suivant son aptitude et sa nature.

On a parlé de conflits d'idéal, tel est même le titre d’un récent livre anglais (1), T idéal patriarcal et Tidéal individualiste, sans doute, et on les a exEigérés Tim et Tautre au lieu de combiner dans Tharmonieuse loi de la hiérarchie des devoirs, les deux idées : celle du devoir et de la mission familiale avec celle du développement des facultés personnelles* C’est bien en général, fautll le répéter, *

dans Taccomplissement de son devoir et suivant la ioi des aptitudes qiTon grandit rationnellement sa propre personnalité. Ainsi en estdl de la femme dans son rôle surtout familial* Mais ü ya la vocation de surcroît et aussi les vocations spéciales, qui atténuent les applications de la règle en la

(1) Hutchins* Confliclîng Ideals* Two Sides of lUe Woinaa's question. London

conOrmant simple ment, car c’est toujours la loi des vocations qui y préside ; il y en a rrinlellectueiles surtout^ d'autres d'action sociale, il peut y en avoir d’artistiques, même dans la vie ouvrière ; comme il y en a qui n’ont aucune de ces vocations même de surcroît et sont alors conlînées si Toii veut, niais peut être parfaites aussi, dans leur vocation primordiale qui requiert déjà un développement très noble.

On voit combien on a tort de voir en tout ceJa une dépression, c'est au contraire dans la mesure rationnelle, l'élévation de la vraie action féminine dans la société.

La femme à Pusine. — Le travail IndustrieL (1)

La femme à Tusine était le Litre que j’avais d’abord assigné à cette causerie. Le programme en

(1) Sur ce n'aies auteurs déjà cités et Ch. Périn, ïa richesse dans les sociétés chrétiennes 186î^ t, Il p. 18^ et suiv. qui cite ceux qui le précédent. Keiteler. l.e [iiouveïnent ouvrier

et ses teudunres. discours à N. Dume des Itois. od. Decurtins. p. 65 et suiv. “ Ch. Poisson. Le salriire des femmes ch. l. — E. Duthoit. Le travail des femmes dans Pindustrie, dans la revue ciation Caihoiiqui;. 15 oct. 1906. — R. Gonnart, La femme dans l'industrie. — V. Cappe. La femme belge, etc.

Pour rÂllemagne, notre récente étude dans la sociale

novembre 191^3 - Le travail des femmes à la fabrique devant la loi allemande et la conférence de Berne.

Toutes ces questions ont été abondamment, traitées aussi dans les travaux législatifs prépamnl les lôifî ouvrières ou les commentant, et dans les documents de T organisation internationale pour la protection légale du travailleur à Bâle. Il est impossible de les énuiïiérerici"

Quand aux conditions du travail à domicile, la documentation récente est si abondante et si connue qu'il n'y a pas lieu d'en citer ici des échantillons.

Vamputant en a étrangement élargi la portée. J’arrive maintenantj à la femme aiivrière.

Est-il dans son rôle de Têtre ? Ouvriers, ouvrièreSj tout le monde, lions Favuns dit, Fest et doit Fêtre. Mais ici il s'agit du travail nécessité pour gagner sa vie matérielle, du travail de salaire, de héiiéfice. Estdt compatible avec la mission de la femme, sa mission fondamentale ?

Dans les sociétévS simples, chaque ménage travaille pour lui-même, produit les choses qui lui sont nécessaires, toute Findustrie est domestique, Plus tard, le marché s’étend, le métier se diversifie, se spécialise, l’échange apparaît, mais le travail à Fatelier demeure le fait de Thomme avec quelques aides salariés. Ce n"est qu’avec la grande industrie mécanique qu^arrivent les fortes agglomérations, les usines importantes. Sans doute, il y avait déjà çà et là des ateliers où on travaillait en commun, mais le nombre s’eu est multiplié étrangement, le centre du travail fut porté hors du foyer par les inventions techniques et les nécessités d’organisation qui en ont été la suite. Chacun connaît cette transformation qui a créé Fâge dur du fer et de la houille, qui a sans doute multiplié les produits, les satisfactions matérielles, mais qui a si profondément altéré les conditions séculaires de la vie sociale. Il iFest pas possible d’examiner ici ce gros problème de savoir ce qu’en définitive Fhumaïiité a gagné à cette transformation. Le procès du machinisme est une des questions classiques de la science appliquée depuis un siècle. Mais il faut bien constater que s’il y a eu une augmentation considérable de richesse et de valeur, il n’y a pas eu élévation correspondante dans la valeur des âmes et dans le bonheur social.

r L’un des fléaux que la transformai ion économiâ apporté avec elle, c’est le travail industrialisé de la femme hors du ménage.

Sans doute, il eût été fort possible de concevoir un développement de la mécanique sans arracher la femme du milieu de la vie familiale. C'eût été possible à concevoir et aussi à réaliser, si avec la transformation technique n'en avait coïncidé une autre, celle des idées, le grand bouleveTsement de la pensée humaine qu'avait inauguré le 18^ siècle et dont la République française se fit la colporteuse, la semeuse hardie et violente à travers le monde. La fièvre de liberté sans limite, d'égalité farouche, de concurrence violente pour la vie, s'appliqua à l'industrie, et u'y connut pas de frein. On voulut produire et s'enrichir et le travail de la femme était un des moyens d'accentuer la production. Elle fut saisie dans l'engrenage industriel.

Üouvriève d'ujme, je ne veux pas en dire du mal, sans doute; elle subit la nécessité d'une organisation économique qu’ü est bien difficile de corriger. Elle peut conserver, parfois même, dans ce milieu aggloméré, dans ce contact et cette atmosphère, les qualités qui assurent sa mission, mais qui contestera combien elle est exposée à laisser faiblir cette mission, par rextrème difficulté même qu'elle aura matcriellement à la remplir. Je n'ac-v cuse pas l'ouvrière d'usine ; mais je déplore qu'elle soit par sa séparation violente du foyer, enlevée j à sa mission fondamentale. Pourra-t-on en douter? que peuvent devenir réducation de FenfanL les soins qu'il exige pour le corps et pour Pâme quand les parents sont tous deux toujours absents pour les nécessités de la vie du dehors ? L'école oui, mais l'école ne suffît pas ; elle complète, elle supplée, mais ne remplace pas. Et alors.. pour Tenfant aussi trop souvent le travail trop précoce ou l'éducation de la rue, c'est-à-dire, Técole primaire du désordre ! Les autorités industrielles quand elles ont voulu y regarder, n'ont pas contesté les effets douloureux de l'exode de la mère 1

Faut-il l’en blâmer? Que peut-elle faire? Ne doit-elle pas faire le travail de nécêssité ? Nécessité pénible, mais souvent inéluctable. Devant la concurrence qui sévit avec violence, elle doit bien contribuer au gain de la famille. Le salaire du mari est trop faible pour y suffire. C’est le régime lui-même qu’il faudrait modifier par des moyens légitimes et prudents. Brusquement on ne le pourrait. Mais si, d’une part, ou cherche à l'atténuer, de l’autre, le mal augmente en étendue et le chiffre des femmes ouvrières s’accroît sans cesse (1).

La femme a-t-eile donc les aptitudes qui l’y appellent. Pour certaines industries certes, elle les possède, à plus haut degré même que l’homme : certains travaux fins ou la souplesse a plus d’importance que la force ; ailleurs les aptitudes sont égales ; et fussent-elles moindres, elles sont suffisantes cependant pour suppléer au besoin croissant de bras pour la production ouvrière. Et on les voit non seulement dans des ateliers bien disposés où s’exerce une industrie line, mais devant les fours de verreries, aux travaux de la mine, aux salles de continues des textiles et d’autres rudes travaux î

Pourquoi l’industrie emploie-t-elle le travail féminin ? Les motifs sont divers, la loi de l’économie des forces et des profits la suggère suffisamment, je viens de l’expliquer. Tantôt c’est l’aptitude spéciale à certains travaux qui demandent plus de souplesse, de délicatesse ; tantôt c’est la rareté de la main d’œuvre qui demande un complément. La répartition des industries, masculine ou féminine, se modifie, par les changements mêmes

(1) En France de 1866 âl906 les femmes adonnées au travail productif ont passé de 4.600.000 (chiffre rond) à 7.600.000 et celui des hointnes seulement de i0.500.00u à 13.000.000.

de la technique (1) ; la machine ouvre à la femme des emplois nouveaux et on ne peut classer indéfiniment une industrie en féminina ou masculine, enfin le prix même de la mam-d^œuvre des femmes J son offre plus abondante la fait parfois admettre plus aisément quand même sa valeur serait moindre. Tout cela explique asse?. comment le travail industriel a pris corps, même le travail nocturne, le travail surchargé, dû alors à i entrainement de la concurrence économique elle-même. Aussi est-ce sur ce point du travail des femmes que Ton a essayé tout d'abord de briser la concurrence internationale par des conventions de travail entre les divers pays (Convention de 1906, etc.)

Si défiant qu'en puisse être au sujet des effets du travail à Tusine de la femme,si antipathique ou hostile même, il faut bien reconnaître qu il y a non seulement un entraînement ou une nécessité budgétaire, mais que tout cela résulte aussi d^une transformation de la vie économique, de cette division du travail même que je signalais tout à rheure. Le nombre des travaux domestiquest c'està-dire faits al home va sans cesse en diminuant. Qu^on se rappelle un passé, pas bien lointain où dans chaque ménage se faisaient d’amples provisions qui occupaient beaucoup la ménagère, alors que maintenant la provision se trouve chez le détaillant ; la cuisson du pain, si longtemps domestique a presque disparu ; les soins du chauffage, de l'éclairage diminuent sans cesse, la confection, la lessive se concentrent souvent au dehors, et on voit le tricotage diminuer, déjà même le nettoyage est en passe de devenir une entreprise. L'îlotde la vie domestique est partout de jour en jour rongé par Feutre prise économique spécialisée. Et alors

fi) P, Leroy Beaulieu, Traité d’économie politique l éd. t,l p.435

la ménagère moins occupée chez elle, cherche à s'occuper ailleurs ; elle suit le mouvement, bien que souvent ce soit pour elle uu faux calcul budgétaire, car les produits aebetéSj surtout par la femme du peuple,coûtent plus au moins en réalité, par la moindre qualité ou par leur mauvaise qualité.

Examinons rapidement, en les groupant, les inconvénients bien connus (1) du travail de la femme à Tusine.

Inconvénients pour la femme. Il y en a dans Tordre physique et dans Tordre moral, tellement connus et clairs qii^il est inutile tPj insister.

Inconvénients pour la familie. La liste est longue, bornons-nous à citer ceux qu'on présente le plus souvent; diminution de la natalité; dcgéné« rescence de la race et augmentation de la mortalité infantile : ucgligence de Téducation des enfants et abandon du foyer et dégoiit qui en résulte pour Tintéi'ieur mal soigné ; dépenses intérieures plus élevées, peu favorables à la vie familiale et au budget et cela pour le maii comme pour la femme eile-même.

Incouvénlents généraux pour la société. Désorganisation de la famille qui est la base ellemême de la vie nationale ; concurrence au travail de Thomme et atteinte indirecte au salaire de celui-ci; développement des habiiudes de dissipation, d’alcoolisme ; enfîti tous les maux résultant des inconvénients qui alteiguent la famille se répercutent nécessairement sur la société tout entière.

Quel sort le travail d’usine de la mère fait à Tenfaut, on en connaît trop bien les traits doulou*

(1 ) On trouve ceg^roupement rlaîrement systématisé dans Guarriguet ouv. cité p. 288 et sniv. Nous le condensons ici

reiix (1)* L'enfant est menacé dés avant sa naissance par refîet des Iravanx excessifs de la mère ; il Test dans son bas-dge parle manque de soins, la négligence ou pis que cela ; on connaît la lugubre histoire où s'alignent les chilïres de la mortînatalité J de ta mortalité et (ie la morbidité des enfants (2)* Chacun de nouSj quand il parcourt les livrets de ménage des ouvriers, n'est-il pas frappé de la proportion précoce des décès qu'ils enregistrent, Sans doute, le travail industriel n’est pas la seule cause de ces faits, la misère les explique aussi; mais peut-on contester qu’il y ait une part de responsabilité, le bon sens ne l'indique-t-il pas ! Et d’ailleurs il y a des enquêtes directes qui le confirment.

Et plus tard l les conséquences fâcheuses ne se limitent pas au bas-âge. L’enfant grandit sans presque connaître ses parents, sans que ses parents puissent acquérir sur lui l’autorité morale, n i peutêtre essayer même de l’exercer! Comment un tel enfant pourra-Ml un jour exercer lui-même les fonctions de père ou mère de famille dont il n’a pu sentir les bienfaits ni comprendre les devoirs?

Les inconvénients de l’iisme sont donc multiples pour la femme elle-même, pour ïa famille, les enfants, pour la société, on les a énumérés souvent et ce n’est pas hélas la satisfaction que trouvent certaines populations à ce genre de vie qui puisse servir à le défendre. Les économistes catholiques ont souvent mis en lumière ces inconvénients du travail industriel de la femme, et cependant comment agir tout de suite ? On dit bien que la pré-

(1) Raoul Jay, Protection légale dn travail.

(2) Cf Jacquart, La mortalité infantile dans les Flandres, xelles, Dewit 1907, — Rapport de la couimissioti d'enquête sur la mortalité infantile dans la ville de Gand 1902.

sence de la femtne au foyer équilibrerait

miVlle soit bonne meiiageie. La resiau

qualités, la >1111™ de

aussi du sentiment familial est necessai

on a bien fait,

VIII Amélioration du sort de 1 ouvrière Esl-il possible de supprimer le

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l’usine pour avoir <1. filles et femmes

dont elle dlsposenl j., ip„j, ressources

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aussi plus AmWfiue^ (1) Ce

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Alors les vraies nécessiteuses pâtissent aussi de leur coucuiTence, Celles-là certes il faut les assister.

On s’y essaye, sans doute, et refîort n’est pas terminé, mais quelle peine pour y parvenir î

La femme ne peut-elle donc faire normalement aucun travail industriel compatible avec ses fonctions essentieiies ? Assurément elle le per l'a toujours fait depuis longtemps. On sait reine Berlhe filait. Mais sous la pression de cnrrencGjCe travail à domicile lui-même a s a été gâté sonveut. Ce n’est pas un problè je puisse aborder ici. Certes bien des t à domicile sont une ressource précieuse, e faut rien exagérer, mais on sait aussi ci souvent il est déprimé. N’importe dans Yé . .. tuel delà vie économique c’est-là aussi qu'il faut porter l'elfort- Cet effort en faveur de la femme ouvrière est double,

/ï) Améliorer la situation à l'usine, tâcher de la rendre compatible avec le devoir familial.

/;) AtaélLorer et corriger le travail à domicile' pour que là elle puisse trouver la conciliation des nécessités économiques dans la mission familiale. Tout cekx n’est pas et ne peut être l’œuvre d’un jfïEi!'. (Test l’œuvre lente d’un travail persévérant qui pEîtit à petit ramènera l’ordre dans le régime du travail pour le bien de tous,avec un peu plus de joie cl: un peu pins de paix.

Dans Létat actuel du milieu économique, on n’osera il pas exclure la femme de Tusine brusquement., Seule la persuasion, une influence morale et sociale pourrait exercer sur elle une transformation en la décidant à reconstituer plus effectivement la vie de lu famille ; car U ne suffît pas de rendre cette rie possible, il faut qu'elle soit effective, A cet effet les écoles bien dirigées, Tensei-

goemeat ménager ont nne sérieuse influence.

Et en même temps» tenant corapte de la nécessité et du fait, ii faut faire agir les diverses grandes forces qui peuveni; améliorer la situation : Inaction des intéressées elles memes groupés dans des institutions sagement conduites ; Tact ion du public forcément limitée, mais efficace si elle est persévérante ; la loi qui agira enempêchant lesprincipaux abus Je ne puis aborder tout cela, ces points feront l'objet d'autres conférences ou ont été déjà exposés souvent.

Mais ce qu'on ne peut oublier c'est que l'esprit même doll-être fortement travaillé. Que serviraitil de libérer la femme de la nécessité du travail à rusine si elle ne pratiquait pas sa fonction sociale et familiale ? C'est ce devoir dont il faut la pénétrer et ici renseignement moral et religieux a son action prépondérante. Que peuvent les gros salaires, les limitations d’heures, si tout cela ne facilite que de vains loisirs ou de la frivolité! C'est au tréfonds, à la psychologie, à Tâme populaire qu’il faut s'adresser. La famille ouvrière ne sera reconstituée que si la vérité morale religieuse relève et inspira les améliorations socialas (1). C'est ce qu'on oublie trop souvent, dans l'en traînement légitime mais incomplet du relèvement économique ; et on s'aperçois trop peu que le pain quotidien et la vertu sont ensemble les conditions fondamentales du bien être social temporel lui-même.

Sur quels points, dans Tordre économique immé-

(i) Outre les auteurs ratholiques déjà cités, on indique les pages touchantes adressées à dans la brochure de Mlle Julie

Simon, petite fille du philosophe qui écrivit il y a un demi siècle (1861) un livre émouvant sous le même titre. Mais le philosophe rationaliste ne pouvait leur procurer le réconfort puissant du catholicisme vivant où les mène la petite fille.

diat peut porter l’effort de l'amélioration? Je nepuis dans ce coin-t entretien aborder ce vaste programme des remèdes qui relèvent d’influences diverses. Mais an point de vue général de l’ordre économique, le point central est encore une fois le salaire. Tant que te salaire de l’homme ne suflira pas à la famille, il faudra veiller au salaire féminin; c’est une délicate controverse de savoir ce qu’il faut considérer comme Juste salaire delà femme, mais il n’est pas douteux qu’en bien des cas, il est trop déprimé et elles peuvent légitimement cherchera en réaliser le relèvement. Puis il y a les questions importantes aussi de la durée du travail, car c’est elle qui agit directement sur la vie de famille. Enfin dans le travail même il faut veiller aux conditions de son exécution. Tout cela, c’est le côte directement économique, c’est le travail en lui même, et nous l’avons dit, c’est par des moyens divers qu’on y peut agir.

C'est nue constatation bien connue que le salaire féminin est inférieur â celui des hommes (1). On en a donné bien des raisons: infériorité de production pour beaucoup de travaux, besoins moindres, ce qui pourrait se discuter, situation d’appoint dans le ménage, sous-concurrence des amateurs et des ouvrières de surcroît, manque d’organisation, surtout l’abondance de travail offert, ce qui en somme est la concurrence même. La différence au salaire masculin va en France de la moitié aux 2/3. Mais il y a un relèvement, e’est-à-dire que le salaire féminin est monté pIusfortaul9"siècIe qneceluides hommes, la différence a diminué. Il n’est pas douteux je l’ai dit déjà, que très souvent la femme peut légitimement demander un rélèvement et essayer

(1) Outre les ouvrages cités; E. Levasseur. Salariat et Salariés 1909, ch. VI Salaire des femmes.

de diminuer encore cette différence. Sans examiner ici ce qu’elle pourrait réclamerj on peut estimer à bon droit que le salaire souvent est en dessous du niveau convenable et se demander si certains salaires ne sont pas contraires même à la stricte justice. On sait quelle est particulièrement à cet ésçard la sitïiation de certaines industries à domicile, surtout dans les grandes villes. Mais encore une fois ceci nous entraînerait trop loin et il doit suffire de rat:q>eîer d'un mot ce côté si sombre de la vie de rouvrière.

Une des plus vaillantes collaboratrices de cette actioti vous parlera prochainement de Taction syndicale. Je me bornerai a dire un mot ici de raction de la loi.

Liéglslation du travail des femmes. (1)

Elle n’est pas encore bien pénétrante, et cependant sa nécessité est reconnue.

D’abord les mineures, comme telles sont protégées jusqu'à leur majorité contre les abus du travaiL Quant aux adultes, le maximum d’il heures puis 10 hcMireSj et l’interdiction du travail de nuit sont les seules mesures qui aient pris jusqu’ici une large extension. Des conventions internationales ont sanctionné la seconde ; la première vient de Fêtre en principe à Berne et sera espérons-leratifiée bientôt.

(D Voir le résumé de lu situation dans notre réceot article de la Rfim^e SociaU Catholique, novembre 1913. Le travail des femmes k la fabrique devant la loi allemande et la Conférence de Berne,

Enlin, à certains travaux trop rudes, on a imposé des limites spéciales.

Pour le travail à domicile si peu a encore été fait^ on le sait, mais ici raction est plus délicate, la pénétration légale an foyer étant pratiquement diJïîciie ; c’est donc à Taction sur les salaires qu’on a tenté des^en prendre directement ; vous me ]ïardonnerez de ne pas m’étendre sur ce sujet si souvent traité depuis quelques années, et ici même en Belgique.

La loi ne peut tout faire elle n’est même que supplétive et encore, elle a besoin pour être efficace du concours des forces sociales organisées, que la loi elle-même vient appuyer à compléter. Lee diverses forces sociales ainsi se prêtent un mutuel soutien pour la réalisation du bien commun. Cette action d'initiative est multiple Elle demande des dévoûments et ceci m'amène à un point nouveau du travail de la femme, son travail social.

f^a loi d'ailleurs est un instrument qu'il faut manier avec ménagement et prudence; mise en œuvre brutalement, elle a des contre-coups imprévus et indésirés. Une régie j rien ta tion trop drastique du travail des femmes pourrait les exproprier de leur unique ressource de vie et les adversaires de la législation ne se sont pas fait faute d'en signaler des exemples. Cette prudence s’impose, et le législateur français qui ne boude pas généralement de nos jours à une intervention pénétrante, a récemment affirmé en cette matière, la nécessité d'une prudence attentive notamment dans le règlement du salaire. Sans doute, il a admis sa tarification pour certaines ouvrières à domicile, mais avec la précaution jalouse d'éviter un contre-coup qui tuerait cette forme même du travail. La loi peut être souvent nécessaire, elle doit toujours être prudente, toujours aussi elle est insuffisante à résoudre les problèmes.

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