MÉTHODE DU GUL-DE-SAC STOMACAL ISOLÉ
venons de décrire n'occasionne aucun désagrément appréciable et n'entraîne pas de danger de mort pour l'animal.
La question se pose de savoir si l'activité de notre petit estomac peut être considérée comme un miroir fidèle du travail sécrétoire du grand, dans la digestion normale, quand les aliments arrivent au contact de ce
Couclic supérieure de la cloison.
Fond du sac isolé.
Fig. 2. — Y, cavité stomacale; S, sac isolé; AA, paroi abdominale.
dernier, le segment isolé restant vide. J'ajourne la réponse précise à cette question à une des leçons ultérieures, jusqu'au moment où nous pourrons disposer d'un plus grand nombre de faits. Je déclarerai seulement ic'i, m'appuyant sur des résultais précis, déduits d'une série de faits incontestables, et aussi sur des expériences directes de comparaison entre les conditions du travail du grand et du petit estomac et les qualités des sucs sécrétés par l'un et par l'autre, que nous pouvons légitimement concentrer dans ce petit estomac l'étude de l'activité gastrique normale. Déjà, dans la pro-
cliaine leçon, nous montrerons tout ce qui se dégage d'instructif d'une observation précise du petit estomac.
Nous avons vu plus haut que tout récemment (postérieurement à la publication de notre méthode), le Dr. Frémont est parvenu à isoler, d'après le procédé de Thiry, l'estomac entier du chien, c'est-à-dire à réunir l'extrémité inférieure de l'œsophage au duodénum et à introduire dans l'estomac fermé à ses deux extrémités une canule à fistule ordinaire. Ce procédé toutefois ne saurait servir que pour certaines expériences spéciales sur la sécrétion gastrique, ainsi que je le montrerai plus loin. En tant que méthode générale, il présente deux défauts importants : 1° En ce qui concerne la digestion ordinaire, on peut difficilement compter avec ces chiens sur des conditions normales du processus sécrétoire de Testomac, car il ne saurait exister la moindre excitation réflexe de la muqueuse gastrique par les aliments ; 2° Si on introduit les aliments directement dans l'estomac, il en résulte un mélange du suc avec ceux-ci. En ce qui concerne enfin l'obtention du suc gastrique dans un but pratique, notre procédé, qui consiste à combiner une fistule gastrique ordinaire avec une œsophagotomie, a, nous semble-t-il, des avantages considérables sur le procédé de Frémont ; il est infiniment plus simple, au point de vue opératoire, et n'exige dans les conditions habituelles aucun sacrifice inutile. De plus, nos animaux vivent plusieurs années et jouissent d'une parfaite san{é. Peut-on en dire autant des chiens du Dr. Frémont'l
Voici comment on procède ordinairement, pour puiser du suc dans notre petit estomac. Dans le cul-de-sac en cœcum on introduit une canule en verre ou en caoutchouc, fenêtrée à son extrémité profonde. Cette canule est ou bien simplement introduite dans l'estomac, ou