MÉTHODE CHIRURGICALE ET VIVISECTION
bien maintenue à l'aide d'un lien élastique passant autour du corps. Le suc est recueilli soit dans la position couchée, soit dans la station debout. Autant qu'il est permis de porter un jugement immédiat, la méthode du petit estomac isolé doit être considérée comme la seule possible et, en principe, la seule rationnelle, pour le but à atteindre. Restent quelques petits inconvénients, quelques menus détails, comme la macération des bords de la plaie et la déperdition du suc. On les peut, d'ailleurs, facilement éviter ; ils sont sans grande importance et peuvent même, dans la suite, devenir tout à fait négligeables.
Dans l'intérêt d'une étude complète de l'ensemble du travail sécrétoire du tube digestif, il est à souhaiter que les méthodes se simplifient le plus possible, au point de vue technique, et qu'on arrive à faire disparaître leurs inconvénients secondaires, de façon à pouvoir pratiquer en même temps sur le même animal plusieurs fistules, sans danger pour son existence et sa santé. L'aperçu général du travail digestif, que nous avons donné plus haut, montre l'importance qu'il y a à étudier" le travail synergique des diverses glandes, à déterminer exactement les rapports de durée et de quantité de leurs sécrétions. Or, cette étude ne peut se poursuivre que si l'on a la possibilité d'observer, en même temps, sur le même animal, l'activité de toutes ces glandes ou de plusieurs d'entre elles.
En terminant l'exposé de la partie technique de ces leçons, j'estime qu'il n'est pas inutile d'insister sur l'importance des procédés chirurgicaux en physiologie. La méthode chirurgicale, que j'oppose à la vivisection, doit prendre de plus en plus pied dans la physiologie
moderne. Je fais allusion particulièrement aux opérations plus ou moins compliquées, que j'envisage tant dans leur exécution que dans leur conception, et dans lesquelles on se propose soil l'ablation de certains organes, soit le libre accès à quelque profondeur de l'organisme nécessaire à l'observation de certains phénomènes, soit la suppression ou inversement la création de rapports entre organes. Dans tous ces cas, on doit pouvoir obtenir la guérison de tous les traumatismes produits et le retour complet à la santé de l'animal, dans la mesure, du moins, où le permet l'opération.
Il me semble qu'il est nécessaire de faire ressortir l'importance de la méthode opératoire, car on s'aperçoit tous les jours de plus en plus que les interventions sanglantes, pratiquées en un seul temps, comme on le l'ait d'habitude, peuvent être le point de départ de nombreuses erreurs, dues à l'atteinte profonde portée à l'intégrité de l'organisme et à la mise en jeu consécutive d'un grand nombre d'influences inhibitrices sur le fonctionnement de divers organes. Dans son ensemble l'organisme représente un grand nombre de parties différentes, unies par des liens délicats et qui font œuvre utile de concert. 11 ne saurait donc rester indifférent, en raison de sa nature même, aux causes de destruction ; il est obligé, dans son propre intérêt, de réfréner certaines fonctions, d'en renforcer certaines autres, et de concentrer tous ses efforts pour sauver tout ce qui peut l'être. Cette particularité a été autrefois et est encore aujourd'hui une grande barrière pour la physiologie analytique et un obstacle insurmontable pour les progrès de la physiologie synthétique, lorsqu'il s'agit de déterminer exactement la marche réelle de tel ou tel phénomène physiologique et son rôle dans l'ensemble de l'organisme. La