‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 114 sur 130 · NOUVEAU PROCÉDÉ D'ÉTUDE DE LA SÉCRÉTION GASTRIQUE · texte numérisé non relu

NOUVEAU PROCÉDÉ D'ÉTUDE DE LA SÉCRÉTION GASTRIQUE

corporel. En se plaçant à ce point de vue, on comprend le fondement réel de cette conviction courante qu'un chagrin incessant s'em parant de notre moi nous ronge le corps, nous place sans défense contre toutes les maladies, tandis qu'une disposition joyeuse augmente, au contraire, notre sensibilité à chaque excitation vitale, à chaque impression du moi physique et psychique, développe et renforce notre organisme corporel .

D'autre part, il est clair que l'adaptation des glandes salivaires et celle, par exemple, du pancréas sont des phénomènes homologues, de même ordre. Si nous pouvons analyser pas à pas sur ce dernier organe les phénomènes d'adaptation et si, les comparant avec les phénomènes d'adaptation des glandes salivaires, nous sommes amenés à leur reconnaître une forme plus primitive, nous aurons, dès lors, un schéma physiologique clair pour l'étude des phénomènes psychologiques. Et ainsi s'ouvre une voie pour l'étude synthétique de la vie dans son ensemble, dans son indivisibilité.

Pour résoudre les questions nouvelles aussi bien que les anciennes relatives à la sécrétion du suc gastrique, nous avons dû soumettre nos animaux à des procédés expérimentaux encore plus compliqués que par le passé. Nous pratiquâmes sur nos chiens successivement les opérations suivantes : nous établîmes tout d'abord une fistule stomacale ordinaire, puis un cul-de-sac stomacal isolé, après quoi une fistule duodénale avec application de canule métallique ; enfin, la cavité du grand estomac fut séparée du duodénum, au niveau de la région pylorique, par un septum formé seulement de muqueuse. Pour permettre à de tels chiens de se nourrir tous les

jours normalement, la fistule stomacale est reliée extérieurement à la fistule duodénale par des tubes de verre et de caoutchouc. Des chiens ainsi opérés constituent des sujets de recherches extrêmement favorables (expériences du Dr. A. -P. Sokoloff). Sur eux on peut se convaincre facilement et d'une façon définitive que la deuxième période, période chimique, de la sécrétion du suc gastrique est provoquée par un réflexe, et que ce réflexe a essentiellement pour point de départ la surface de l'estomac. Si on introduit l'agent chimique (solution d'extrait de viande, etc.) alternativement dans le grand estomac et dans l'intestin, on n'obtient dans le petit estomac un eff"et sécrétoire complet que dans le premier cas. Quand l'excitant est introduit dans l'intestin, la sécrétion qui se produit est très minime. Par contre, l'action inhibitrice de la graisse provient d'un réflexe qui a pour origine la surface de l'intestin et non de l'estomac.

Le même animal se prêta facilement pour nous à la démonstration d'une nouvelle auto-régulation de l'estomac, en ce qui concerne la sécrétion de l'acide chlorhydrique. Nous vîmes que l'acide chlorhydrique inhibe la sécrétion ultérieure de suc gastrique, quand il s'amasse dans l'estomac en quantité notable. Il est très intéressant de voir que d'autres acides, l'acide phosphorique, par exemple, n'exercent pas cette action inhibitrice ; l'acide butyrique excite même, au contraire, fortement là sécrétion de suc gastrique, mais l'acide chlorhydrique inhibe énergiquement en retour la fermentation butyrique. Exemple frappant de l'excitabilité élective de la muqueuse gastrique!

Je ne cite que quelques-uns des résultats obtenus avec nos nouveaux sujets d'expériences. Je ferai remarquer que l'expérimentation sur ces animaux se distingue par

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