ROLES ATTRIBUÉS Â LA BILE
une précision et une constance remarquables dans les résultats. C'est que chez eux les influences inhérentes au déplacement de la masse alimentaire, aussi bien que les actions excitatrices, souvent opposées, des diverses substances se trouvent exclues des divers points du canal digestif sur lesquels on fait porter l'expérience.
J'en arrive maintenant à la ôileet au suc intestinal, car, pour suivre l'enchaînement naturel des choses, tel qu'il s'est présenté à nous, je ne pourrai parler du pancréas que plus tard.
Vous savez tous, Messieurs, que plus est grand le nombre de remèdes préconisés dans une maladie donnée, moins leur efficacité est réelle. Et cela se comprend sans peine : si l'on possédait un remède vraiment effectif, point ne serait besoin d'en chercher d'autres. Le même critérium peut s'appliquer à nos connaissances des divers organes du corps. Quand on attribue à une partie de l'organisme un grand nombre de fonctions, chacune d'importance minime, c'est qu'on ne connaît pas ou qii'on n'apprécie pas à sa valeur la signification réelle et essentielle de cette partie. Il en est précisément ainsi pour la bile. Dans n'importe quel traité le lecteur peut s'orienter rapidement sur la signification du suc gastrique, du suc pancréatique, etc. ; mais, en ce qui concerne la bile, il aura à lire toute une série de détails sur son rôle dans l'organisme, et peut-être n'apprendra-t-il pas précisément à connaître son rôle principal. Il sera question de son pouvoir d'émulsion des graisses, de lubréf action de la paroi intestinale, d'excitation des mouvements péristaltiques, de désinfection çIli canal intestinal, d'excitation des villosités, de précipitation des matières albuminoïdes, etc. Tout cela est-il cependant exact? Jusqu'à
quel point ceci est-il essentiel et cela ne l'est-il pas ? Vous ne trouverez pas de réponse satisfaisante à ces questions. Le professeur n'aura dans son enseignement presque rien à démontrer de clair, d'important et d'indiscutable sur la bile, ce liquide si particulier d'aspect et de composition. Et pourtant nous ne saurions douter que la bile soit nécessaire à la digestion, qu'elle y joue un rôle important; car, sans cela, elle ne se déverserait pas dans le canal digestif à un niveau aussi particulièrement significatif, au point précis où la digestion acide peptique fait place à la digestion alcaline pancréatique. Comment devra-t-on donc procéder pour déterminer la fonction digestive de la bile ? Une des voies les plus directes consistera à rechercher quelle est la quantité et la qualité de bile déversée dans le canal digestif aux divers moments. Il est étonnant que cette méthode de recherches n'ait pas été employée systématiquement, bien que beaucoup de physiologistes aient fait des travaux sur la bile. On a recueilli la bile sur les animaux les plus divers, pendant la digestion comme à jeun, mais toujours par une fistule de la vésicule biliaire, c'est-à-dire du réservoir oîi la bile formée continuellement par le foie se collecte, temporairement jusqu'à ce qu'elle ait trouvé son emploi. Les expériences qui ont été pratiquées sur les chiens, à l'aide d'une fistule artificielle du canal cholédoque, diffèrent peu, en réalité, des expériences faites avec les fistules de la vésicule biliaire, car la bile, après être arrivée dans le canal^ passe de là dans la vésicule. Les observations que l'on a ainsi poursuivies sur l'élaboration de la bile ont conduit les auteurs à des données très diverses. Dans tous les cas, la bile s'écoulait constamment de la vésicule, que le chien fût à jeun ou qu'il eût mangé. Cela est facile à