‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 120 sur 130 · MOUVEMENTS DE L'ESTOMAC ET INFLUENCES PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE L'ESTOMAC ET INFLUENCES PSYCHIQUES

alcalins (solution physiologique de sel marin, solution de bicarbonate de soude à 0, S p. JOG, albumine d'oeuf liquide, lait), ils sont transportés très rapidement, en quelques minutes, et par grandes quantités à la fois, dans l'intestin. Mais si l'estomac se trouve, dès le début, au repos, les mêmes liquides, introduits avec les mêmes précautions, restent pendant plusieurs minutes dans l'estomac, sans changer de place. Les mouvements spontanés de l'estomac peuvent être supprimés sous des influences purement psychiques, en excitant fortement le chien par la présentation d'aliments, ou encore plus sûrement par l'administration (à un chien œsophagotomisé) d'un repas fictif. Lors donc qu'une ingestion alimentaire va avoir lieu, ou lorsqu'elle se produit réellement, les mouvements d'évacuation de l'estomac sont inhibés, et cela, manifestement jusqu'à ce que l'aliment soit jugé, pour ainsi dire, dans l'estomac, ou qu'il ait subi des modifications appropriées. C'est ainsi, par exemple, que du lait avalé par le chien ne se déverse pas de suite dans l'intestin, contrairement à ce qui se passe, quand on l'introduit directement par la fistule, à l'insu de l'animal, alors même que préalablement l'estomac présente des mouvements d'évacuation. Les mouvements spontanés cessent aussi, quand des liquides acides sont versés dans l'estomac par la fistule, nouvelle confirmation des rapports que j'ai déjà décrits. Vous voyez, messieurs, que, dans l'étude des mouvements de l'estomac, et, à vrai dire, dès nos premiers pas sur ce terrain, nous avons rencontré la même caractéristique que dans nos travaux antérieurs, à savoir : l'adaptation des processus physiologiques et l'intervention des influences psychiques.

Voici donc un court aperçu de nos nouvelles expériences physiologiques. 11 reste beaucoup à faire encore.

Nous sommes bien loin, même maintenant, d'être complètement maîtres de notre sujet. Les pas que nous venons de franchir sont toutefois nettement marqués, etnous pouvons légitimement espérer que notre champ d'études restera toujours aussi accessible à la recherche qu'il Fa été jusqu'à présent.

Les animaux d'expériences, qui, après avoir survécu aux opérations préliminaires nécessaires, servent à nos observations pendant des mois et des années, tombent parfois malades, et il arrive justement que l'organe en souffrance est celui dont on étudie les fonctions. Tout d'abord de tels accidents ne furent pas sans nous causer de la contrariété, mais notre mécontentement, comme je le vis bientôt, tenait à une méconnaissance évidente de la nature des faits.

Aussi bien ne devions-nous pas ohovàer les phéno7nènes pathologiques de Pappareil digestif^ Qu'est-ce donc qu'un état pathologique? C'est le résultat du fait que l'organisme se trouve aux prises avec une condition anormale ou, plus exactement, avec une condition ordinaire d'intensité anormale. Supposez que vous receviez un choc mécanique, que vous soyez soumis à l'action du chaud ou du froid, exposé à l'agression de microbes pathogènes, et cela, à un degré supérieur à celui avec lequel se manifestent ordinairement ces influences ? Alors commence une lutte sérieuse de l'organisme contre ces agents ; nos moyens de défense sont immédiatement mobilisés. Or, les appareils de défense sont des parties de notre corps, au même titre que les autres ; leur existence est liée à celle de tout l'organisme, ils participent à l'équilibre général de l'individu vivant. C'est pour cela qu'ils constituent, considérés de ce point de vue, un

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