‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 121 sur 130 · ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DES APPAREILS DE DÉFENSE · texte numérisé non relu

ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DES APPAREILS DE DÉFENSE

sujet de recherches physiologiques. Le phj'siologiste ne peut toutefois apprendre à les connaître que dans l'état de maladie, parce que, en tout autre temps, leur activité n'est pas apparente. La lutte amène soit à la défaite de l'ennemi, et alors les appareils de défense suspendent leur travail ; ou bien cette lutte aboutit à une victoire de l'ennemi, et alors il en résulte comme conséquence une lésion ou une destruction de telle ou telle partie du corps. Mais alors tout organe détruit cesse aussitôt sa fonction. Nous avons là, reproduit dans son intégralité, l'artifice habituel qu'utilise la recherche physiologique pour éclairer la signification d'un organe donné, artifice que la nature met, de son côté, souvent en œuvre avec une délicatesse que nos moyens techniques grossiers ne nous permettent pas d'atteindre. Si la destruction est limitée à an seul organe, il se produit peu à peu une suppléance du travail disparu avec lui ; un nouvel équilibre de l'organisme s'établit ; d'autres organes, compensateurs, entrent en jeu. Nous apprenons alors de cette manière à connaître de nouveaux rapports plus délicats entre les organes et à nous renseigner sur les forces cachées qu'ils représentent. Mais si la destruction n'est pas limitée à un seul organe; si, par suite de l'enchaînement des fonctions, elle se propage toujours de plus en plus, nous avons là encore un mode d'étude des rapports fonctionnels entre les organes et nous apprenons enfin à connaître le mécanisme et le moment du début de cet état, dans lequel est brisée la solidarité organique... N'est-ce donc pas là, du commencement à la fin, de la vraie physiologie, dans laquelle on pénètre d'une façon approfondie les rapports et l'importance des diverses parties de l'organisme. Seul, un incorrigible ergoteur pourrait dire que tout cela n'est pas notre

affaire. C'est justement, au contraire, le physiologiste, qui est compétent pour le choix des méthodes expérimentales et des méthodes logiques à employer dans l'étude des phénomènes vitaux; il est bien ici à sa place.

La force victorieuse de l'expérimentation s'est bientôt affirmée dans notre nouveau champ de recherches, la •pathologie expérimentole de la digestion. Jusqu'à présent, trois travailleurs de notre laboratoire seulement se sont occupés spécialement de la pathologie de la digestion. Je puis cependant vous communiquer déjà quelques données qui, me semble-t-il, sont propres à éveiller l'intérêt du monde clinique.

Ces données se rapportent, pour le moment, exclusivement à la pathologie des glandes gastriques. La méthode du cul-de-sac stomacal isolé, si féconde dans la recherche physiologique, s'est montrée aussi dans la recherche pathologique d'un secours inappréciable, qui a permis non seulement de démêler tous les détails de l'état pathologique des glandes gastriques créé expérimentalement, mais aussi de faciliter extrêmement l'analyse de cet état pathologique. Si l'on fait agir à la surface du petit estomac des conditions pathologiques (chaleur et froid énergiques, substances chimiques diverses à action intense), on peut saisir sous une forme idéalement pure sur les glandes de l'estomac les déviations de la normale. On ne perd pas une goutte du suc sécrété avec ses modifications pathologiques ; aucune particularité, même la plus minime, de l'état morbide ne reste cachée. On peut observer jour par jour, heure par heure, du début à la fin, la maladie provoquée, tandis que, dans le reste du tube digestif, tout A^a son train ordinaire et qu'il ne se produit de complications d'aucune sorte, ni dans les autres parties de l'appareil digestif ni du

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