‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 122 sur 130 · IRRITATION CHIMIQUE DU PETIT ESTOMAC · texte numérisé non relu

IRRITATION CHIMIQUE DU PETIT ESTOMAC

côté de la santé générale. Ces complications ne sauraient se manifester, puisque le petit estomac ne prend pas part au travail digestif, qu'il ne fait subir de modifications à aucun aliment et qu'il ne peut donner naissance à aucune excitation quelconque continue pour le grand estomac et l'intestin, attendu qu'il est toujours vide. Exception doit être faite seulement pour le court laps de temps, pendant lequel l'excitation anormale agit sur les parois du petit estomac comme facteur morbifique et peut influencer par voie réflexe le reste du canal digestif. Il s'agit donc, dans ces expériences, presque exclusivement de l'étude d'un état morbide des glandes gastriques mêmes, de leurs cellules. Si l'on fait agir les agents pathogènes sur le grand estomac, on peut alors voir sur le petit, d'une part, les diverses conséquences réflexes et aussi, d'autre part, l'influence d'un trouble général de l'activité digestive. De cette maniière nous pouvons étudier isolément les maladies de la surface de la cavité gastrique, d'origine réflexe, et les maladies de la couche glandulaire.

Voici nos résultats : — Si l'on introduit dans le petit estomac des substances à action énergique, comme, par exemple, de l'alcool absolu, une solution de sublimé à 0,2 p. 100, une solution de nitrate d'argent à 10 p. 100, une forte émulsion d'essence de moutarde, et qu'on les laisse en contact quelques minutes avec la muqueuse gastrique, on voit alors se produire une sécrétion de mucus plus ou moins considérable, souvent énorme (expériences du Dr. J.-C. Sawriew). On peut penser que l'on est ici en présence d'un état pathologique sérieux, d'un catarrhe muqueux aigu. S'agit-il bien là toutefois d'un état pathologique ? Dans les cas extrêmes, on obtient de la surface irritée cent fois plus de mucus qu'à l'état nor-

mal. Parfois, pendant toute la période sécrétoire, il ne se produit que du mucus en fait de suc. Pourtant, je le demande encore, y a-t-il bien là un état pathologique? Souvent, au bout d'une heure ou deux, la sécrétion plus ou moins abondante de mucus, qui est apparue tout aussitôt après l'application de l'agent irritant, est absolument suspendue. L'écoulement colossal de mucus qui, le jour de l'expérience, a complètement remplacé la sécrétion normale de suc gastrique, peut, le jour suivant, à notre grand étonnement, avoir disparu sans laisser de traces. Le contraste entre l'intensité du phénomène et sa courte durée est vraiment frappant. On est porté à penser que, dans les cas que je viens de décrire, il ne s'est pas constitué, un état morbide, mais bien qu'on assiste exclusivement à la défaite de l'agent pathogène. Est-ce que l'épithéJium de revêtement de l'estomac ne laisse pas entrevoir ici son rôle physiologique propre, dont nous ne pouvons nous faire une idée juste dans le cours ordinaire des choses? Par son extraordinaire travail sécrétoire, par la production d'une grande quantité de liquide muqueux diluant les substances nuisibles, se combinant avec elles, et les expulsant de la paroi de l'estomac, l'épithélium de recouvrement pare au danger que ces substances font courir aux éléments plus importants de la muqueuse. A l'appui de notre explication, on peut invoquer le fait que l'épithélium des glandes peptiques reste au même moment dans un repos parfait, qui contraste avec l'activité extraordinaire de l'épithélium de recouvrement. Les substances chimiques que nous avons indiquées plus haut n'excitent donc qu'une variété d'épithélium et trouvent l'autre indifférente. Une pareille dissociation, mais inverse, de l'action excitante se manifeste dans le cas de la viande qui, dans l'estomac, n'excite

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