‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 124 sur 130 · POINT D'ATTAQUE DE L'ULCÈRE ROND · texte numérisé non relu

POINT D'ATTAQUE DE L'ULCÈRE ROND

Comment faut-il donc comprendre cette altération de la marche normale de la sécrétion ? L'explication la plus correcte me semble être la suivante : puisque la sécrétion de la première heure, résultat d'une excitation centrale, est normale, il est démontré ainsi que les glandes, leurs nerfs centrifuges et les centres correspondants sont dans un état normal. Si nous considérons maintenant que, pendant la deuxième heure, la sécrétion atteint une valeur au-dessus de la normale, il suffît de nous rappeler que cette sécrétion est d'origine réflexe, pour admettre, dans ce cas, une augmentation d'excitabilité de l'appareil sécrétoire, intéressant les nerfs centripètes ou leurs terminaisons périphériques. Nous apprenons là peut-être à connaître un point particulier d'attaque de la maladie qui, à ma connaissance, n'a pas encore été isolé et décelé dans les recherches cliniques.

Au cours des affections accidentelles de nos animaux d'expériences, il nous est arrivé fréquemment de constater un renforcement ou une diminution du travail des glandes digestives par rapport à la normale. Il nous a paru souvent que ces états opposés n'étaient que la traduction des phases diverses d'une seule et même affection; mais lequel des deux représentait la manifestation primitive, et lequel la manifestation secondaire? Nos expériences relatives aux états pathologiques du grand ou du petit estomac provoques intentionnellement ont établi avec une grande concordance que la première réaction des glandes à pepsine vis-à-vis d'un agent puissant et inaccoutumé se manifestait par un état de dépression de leur activité, qui se maintenait des heures et môme des jours entiers. Cette dépression a un caractère d'ordre réflexe, elle est l'œuvre du système

nerveux d'arrêt qui a été mis en jeu par l'excitant inaccoutumé. Quand on verse, par exemple, dans le grand estomac, de l'eau glacée ou une solution de nitrate d'argent (expériences du Dr. J.-C. Soboroiv)^ la sécrétion qui suit l'ingestion habituelle d'aliments est diminuée, surtout, à vrai dire, pendant la première heure, et non pas seulement dans le grand estomac, mais aussi dans le petit qui pourtant n'est pas touché par l'influence nocive. On peut penser que, dès l'instant où l'estomac est aux prises avec un excitant inaccoutumé, l'activité des glandes à pepsine se trouve inhibée par un réflexe particulier, qui a pour but de préserver aussi sûrement que possible contre une influence nocive les cellules qui sommeillent dans la profondeur. La seule exception qu'il y ait à signaler est l'action que l'on observe sous l'influence de l'alcool concentré. Quand on verse de l'alcool dans le grand estomac, il se manifeste alors dans le petit une sécrétion de suc gastrique extrêmement abondante ; on peut inversement provoquer une sécrétion abondante dans le grand estomac en versant de l'alcool dans le petit (expériences du Dr. J.-C. Sawriew).

Au cours des affections du grand estomac, qu'il nous est arrivé de provoquer bien des fois, nous avons pu souvent observer avec netteté une action compensatrice du cul-de-sac stomacal isolé, qui représente vraiment un segment resté intact du grand estomac (expériences du Dr J.-C. Soborow). Dès que le grand estomac manifestait une diminution de sécrétion au-dessous de la normale, aussitôt on observait un renforcement de l'activité sécrétoire du petit. Une fois qu'il nous était arrivé de supprimer complètement pendant plusieurs jours, sous l'influence d'une brûlure par l'eau bouillante, le travail

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