‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 14 sur 130 · IMPORTANCE DE LA MÉTHODE CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE LA MÉTHODE CHIRURGICALE

travail chimique de cet appareil, dont quelques traits parculiers jaillissent déjà de nos méthodes d'expérimentation. Je vous prie de vous rappeler mes paroles, à la fm de ces leçons, et vous reconnaîtrez, j'en suis sûr, la vérité qu'elles renferment.

DEUXIÈME LEÇON Le travail des glandes pendant la digestion.

Le début de l'activité sécrétoire des glandes est eu rapport avec l'entrée des aliments dans le tube digestif. — La quantité de suc est proportionnelle à la quantité d'aliments. — Marche de la sécrétion pendant la digestion, son importance et son invariabilité d'allures. — Modiûcations qualitatives des sucs au cours de la sécrétion. Exemples. — Méthodes pour l'examen des propriétés des sucs. — Le suc gastrique possède une acidité constante. — Importance des modifications qualitatives des sucs. — Évolution différente de la sécrétion et du pouvoir digestif du suc gastrique sous l'influence de la viande, du pain, du lait. Importance de cette évolution. — Marche de la sécrétion et propriétés du suc pancréatique sous les mêmes influences alimentaires. — Le travail des glandes digestives sous l'influence de divers régimes prolongés.

Messieurs,

Maintenant que nous connaissons les procédés, à l'aide desquels on peut plus ou moins bien suivre le travail des glandes, nous allons nous occuper de ce travail même. A l'aide des anciennes méthodes (la fistule gastrique ordinaire et le procédé primitif de fistule pancréatique) les données primordiales et les plus élémentaires sur le travail des glandes digestives ont pu être établies non sans peine. Finalement tous les auteurs ont reconnu que nos glandes commencent à fonctionner, seulement aussitôt que les aliments pénètrent dans le tube digestif. Dans l'état actuel de nos moyens d'investigation, il se trouverait bien difficilement quelque part un physiologiste qui doutât de la réalité des rapports étroits de dépendance

ACTIVITÉ DIGESTIVE ET INGESTION ALIMENTAIRE. 3i

entre le travail des glandes digestives et l'alimentation. Chacune de nos expériences sur le chien a toujours donné, à cet égard, un résultat positif et net. Notre petit estomac isolé, qui est parfaitement vide chez le chien à jeun, commence à sécréter déjà quelques minutes après que le chien a mangé. De même un chien porteur d'une fistule pancréatique qui, à l'état de jeûne, fournit seulement de 2 à 3 centimètres cubes de suc à l'heure, en sécrète, dès qu'il a mangé, une quantité de beaucoup supérieure. C'est là un fait signalé depuis longtemps déjà, parfaitement établi à l'heure actuelle, et, pour ainsi dire, tout à fait naturel, les réactifs n'étant déversés dans le tube digestif que lorsqu'il y arrive des matériaux à élaborer. Il est facile de voir que derrière ce fait élémentaire se cachent bien des points délicats de l'activité glandulaire.

Il n'est pas une des méthodes anciennes qui pût répondre à la question suivante, en apparence simple, à savoir : comment varie la quantité de suc digestif en fonction de différentes quantités d'un même aliment? La quantité de suc est-elle proportionnelle à la quantité d'aliments, ou ces deux grandeurs sont-elles dans d'autres rapports? On ne pouvait, en fait, résoudre cette question pour l'estomac, tant qu'on se servait exclusivement de la fistule simple. Le suc ne pouvait être obtenu sans mélange avec les aliments, et ainsi on ne pouvait apprécier sa quantité. A l'heure actuelle nous possédons, à ce sujet, des données tout à fait précises. Sur notre chien à estomac isolé, le problème est facile à résoudre. Nous lui faisons manger diverses quantités d'un même aliment, et nous recueillons les quantités correspondantes de suc pur. Les expériences nous ont montré qu'il existe une proportionnalité presque parfaite entre la masse d'ali-

ments et celle du suc gastrique sécrété. Yoiciles moyennes que donne le Dr. Chigin pour la viande crue :

Pour 100 gr. de viande crue.. .

26 cent, cubes de suc,

Une alimentation mixte composée de lait, pain et viande fournit les chiffres ci-dessous :

Pour 300 centimètres cubes de lait, 50 grammes de viande et 50 grammes de pain, on a 42 centimètres cubes de suc; pour une quantité double du même mélange, on recueille 83,2 centimètres cubes. De ces chiffres nous sommes en droit de conclure que les glandes gastriques travaillent avec une grande précision, fournissant pour chaque catégorie d'aliments juste la quantité de suc qui est exigée par la nature de chacun d'eux. J'insiste sur ce résultat extrêmement instructif : il montre indiscutablement avec quelle précision et quelle ponctualité particulière s'exerce le travail digestif. Une seconde question se pose maintenant. Quelle est la marche du travail sécrétoire?La masse de suc nécessaire se déverset-elle en un seul temps sur les aliments introduits ? Ou bien l'apport du suc se continue-t-il aussi longtemps que les aliments séjournent dans un département donné du tube digestif, et est-il subordonné à la diminution et aux modifications qualitatives de la masse alimentaire?

Cette question ainsi posée a été depuis longtemps déjà l'objet d'observations multiples, et il a été démontré que l'apport de suc se poursuit tout le temps de la digestion, en présentant une marche définie. Pourtant, en raison de l'insuffisance des moyens d'investigation et aussi du mode de l'aire des auteurs, qui n'avaient pas toujours tout le souci d'exactitude nécessaire dans leurs recherches (quantité et proportions relatives des aliments

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