TECHNIQUE DE L'APPRÉCIATION QUALITATIVE DES SUCS
heures, et dans les essais poursuivis sur des liquides comme les nôtres, est proportionnelle au temps de digestion ; c'est même le cas, lorsque les liquides présentent le maximum de pouvoir digestif. Ceci exclut tout soupçon possible que la liquéfaction de l'albumine, à différentes profondeurs du petit cylindre, se produise avec une vitesse variable, tenant à la plus ou moins grande obstruction de la lumière du tube par les produits de la digestion. La valeur, exprimée en millimètres, d'albumine digérée dans le même temps par divers sucs donne donc la mesure précise du pouvoir digestif respectif de ces sucs. La loi des rapports entre les quantités d'albumine digérée et la teneur en pepsine des sucs a été établie, à l'aide de la méthode de Mett^ par BorissoiL\ au laboratoire du Prof. Tarchanoff. Cet auteur a donné la formule suivante : Dans les divers sucs les quantités respectives de pepsine sont entre elles comme les carrés des vitesses de digestion, c'est-à-dire comme les carrés des millimètres d'albumine qui ont été digérés dans un même temps par les sucs. Soit un exemple numérique de cette loi : Si un liquide a digéré 2 millimètres d'albumine et un autre 3 millimètres, dans le même temps, les quantités relatives de pepsine contenues dans ces liquides ne sont pas comme 2 et 3, mais comme les carrés de ces nombres, c'est-à-dire, comme 4 et 9. La différence est bien tranchée : d'après le simple calcul de la longueur d'albumine digérée, nous eussions estimé que le second liquide renfermait une fois et demi plus de ferment que le premier, tandis que, d'après la loi des carrés, le second liquide a une valeur deux fois un quart plus grande que le premier. Il est bien évident que cette loi a été déduite d'un grand nombre d'essais comparatifs, exécutés avec des solutions articielles de pepsine
exactement dosées. Les résultats obtenus par Borissow, avaient été déjà établis, d'une façon indépendante, auparavant par SchlHz, qui appréciait au polarimètre la quantité de peptone formée pendant la digestion. Une telle concordance obtenue par des méthodes diverses est un sûr garant de l'exactitude de la loi en question. Je dois ici exprimer tous mes regrets que la méthode de Mett, proposée dès l'année 1889, n'ait pas encore reçu aujourd'hui toute l'extension qu'elle mérite, à juste titre. Elle pourrait facilement devenir une méthode universelle de dosage des ferments protéolytiques, si bien que toutes les expériences sur ces ferments deviendraient comparables entre elles. Personne ne niera qu'il n'y ait un grand intérêt à la réalisation d'un tel état de choses. Toutes les observations faites sur les sucs des divers animaux et de l'homme, rapportées, dès lors, à une même échelle, nous conduiraient à des conclusions importantes sur les variations de la teneur en ferment, suivant les individus, le sexe, l'espèce animale. — Nous ajouterons encore, à lavantage de la méthode de Mett, que le diamètre des tubes est, dans une large mesure, sans importance, et que les blancs d'œuf de poule ont une composition chimique assez fixe pour en faire des réactifs d'expériences. — La loi de Schutz et Borissoiv est applicable dans toute sa rigueur à la trypsine. Les méthodes d'appréciation des autres ferments sont moins parfaites et sont constamment l'objet de modifications partielles, de notre part, maintenant même encore. La valeur du ferment amylolytique du suc pancréatique a été longtemps appréciée dans notre laboratoire d'après la quantité de sucre, évaluée par la liqueur titrée de Fehling, à laquelle avait donné lieu une quantité donnée d'amidon, placée dans des conditions précises d'action du ferment.