‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 20 sur 130 · TECHNIQUE DE L'APPRÉCIATION QUALITATIVE DES SUCS · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE L'APPRÉCIATION QUALITATIVE DES SUCS

Dans ce cas, le nombre de milligrammes de sucre formé nous donnait la mesure du ferment amylolytique. Cette méthode fournit des résultats exacts et sûrs, mais elle nécessite un temps considérable, et est particulièrement incommode dans les expériences où l'on a un grand nombre de dosages à faire. Nous avons dû, pour cela, chercher une méthode plus rapide. Dans ces derniers temps, les Drs. GlinsJd et Walther ont tenté, dans notre laboratoire, d'uniformiser les méthodes de dosage des ferments protéo et amylolytiques du pancréas. Des tubes fins en verre sont remplis d'amidon cuit coloré, puis placés un temps déterminé, ordinairement une demiheure^ à l'étuve, soumis à l'influence du liquide d'essai. L'amidon se dissout aux deux extrémités du tube; la limite de la zone liquéfiée est parfaitement nette, grâce à la coloration. De même que pour le dosage de la pepsine, on mesure la longueur de la colonne d'amidon dissoute, évaluée en millimètres. De nombreuses expériences faites avec des solutions artificielles de ferment (suc pancréatique dilué deux ou trois fois, ou plus encore) ont permis d'établir le rapport existant entre la quantité de ferment et la longueur de la colonne d'amidon dissoute. La loi de SchiUz et Borissow s'est montrée ici encore pleinement applicable, c'est-à-dire que les quantités respectives de ferment dans les divers liquides sont comme les carrés des millimètres d'amidon dissous. — On trouvera ainsi, dans la suite, des expériences sur le ferment amylolytique poursuivies par ces deux méthodes, soit l'appréciation en milligrammes du sucre formé, soit l'expression en millimètres de l'amidon dissous. Tous les efforts tentés jusqu'ici, pour doser le ferment lipolytique par la méthode des petits tubes cylindriques de verre, ont malheureusement échoué. En fin de compte, nous nous

sommes arrêtés au dosage par la liqueur titrée de baryte, de la quantité d'acide formé par une émulsion de graisse et de suc pancréatique, placée un certain temps à une température donnée et agitée à intervalles périodiques. Le nombre de centimètres cubes de baryte, nécessaires à la neutralisation des acides gras formés, devient la mesure du ferment saponifiant. Il est évident que nos tentatives infructueuses ne doivent pas empêcher de rechercher aussi dans ces cas, l'adaptation d'une méthode analogue à celle qui est utilisée pour les autres ferments. Telle qu'elle se présente actuellement, notre méthode exige de l'expérimentateur une attention soutenue qui rend pénible l'exécution d'une quantité considérable de dosages, pourtant indispensables quand il s'agit d'étudier les propriétés d'un suc d'heure en heure ou même à des intervalles plus courts. D'autre part, les résultats fournis par cette méthode ne sont pas toujours concordants ; la loi de Schûtz et Borissow se vérifie toutefois ici encore.

Naturellement il s'agit, en général, dans nos recherches, d'une simple évaluation de l'action fermentative ; nos développements sur les « quantités » et les « sommes » de ferments doivent être acceptés sous réserves. Dans beaucoup de cas cependant, dans tous, peut-être, en ce qui concerne le suc gastrique, nous pouvons légitimement parler de dosage quantitatif de ferment, car le pouvoir digestif du suc gastrique suit toujours une marche parallèle à sa teneur en matières organiques.

En quelques mots, je vais dire comment nous apprécions l'alcalinité du suc pancréatique. Le résidu solide d'une quantité déterminée de suc est calciné à petit feu ; le résidu fixe est dissous dans l'eau et sert au titrage. Le

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