‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 22 sur 130 · ACIDITÉ CONSTANTE DU SUC GASTRIQUE ORIGINEL · texte numérisé non relu

ACIDITÉ CONSTANTE DU SUC GASTRIQUE ORIGINEL

l'estomac étant, à l'état de vacuité, recouvertes d'une couche importante de mucus, on comprend que les premières portions du suc qui s'écoule, sous l'influence, par exemple, d'un repas fictif, soient les moins acides. Plus le suc s'écoule abondamment et plus il est riche, plus son acidité est élevée. Quand la sécrétion diminue, il est évident, dès lors, que le mucus ayant été neutralisé par les premières portions de suc sécrété, on ne constatera plus la faible acidité caractéristique du début de l'expérience. Si l'on provoque, à plusieurs reprises, un tel lavage de la muqueuse gastrique en quelque sorte avec son suc, on peut arriver même à faire disparaître le rapport ordinaire qui existe entre la vitesse de la sécrétion et l'acidité : le suc reste également et fortement acide, quelle que soit la rapidité grande ou faible de la sécrétion. — D'autre part, le Dr. Ketscher, toujours en utilisant la méthode du repas fictif, a procédé à des analyses comparatives du suc sécrété toutes les cinq minutes, soit en le recueillant au fur et à mesure de son écoulement par la fistule restée ouverte, soit en le recueillant en bloc, après les cinq minutes écoulées, la fistule restant alors fermée tout ce temps. Il est résulté de ces recherches que presque toutes les portions de suc récolté delà seconde manière, après un séjour de cinq minutes dans l'estomac, présentent une acidité plus faible que les autres. Si déjà le suc gastrique pur présente des variations d'acidité de cette sorte, il est évident que celles-ci seront encore plus accentuées, quand la salive et les aliments tomberont dans l'estomac. Nous avons récemment observé au laboratoire un chien affecté d'une hyperacidité d'ordre pathologique ; or, aucune méthode d'examen du suc gastrique ne révélait une acidité qui dépassât la normale {Pai/jioiv). Si tout cela est exact, il en résulte

que les variations d'acidité, liées à des besoins variables de la digestion, tiennent à des variations de la quantité du suc sécrété, et non à des modifications propres de cette acidité. Il est possible, toutefois, que la neutralisation du suc gastrique par le mucus alcalin représente un processus adapté à un but déterminé. Dans un estomac normal, un suc absolument pur peut perdre jusqu'à 2o p. 100 de son acidité, du fait de la neutralisation par le mucus. Qui sait? La nature emploie-t-élle là, pour faire varier l'acidité, un procédé favorable aux intérêts de l'ore-anisme ou à l'élaboration des aliments? En tout cas, le fait de la variation de Taciclité apparente reste acquis, quel que soit son mécanisme.

Mais revenons au point capital de notre sujet. Vous avez vu, par des exemples typiques, que les glandes gastriques et la glande pancréatique sécrétaient, au cours de la digestion, des sucs dont la composition ne restait pas uniforme, mais se modifiait à divers points de vue. C'est un problème extrêmement curieux et important que celui de déterminer dans quels rapports se trouvent ces variations sécrétoires avec la marche de la digestion, et de rechercher si elles s'exercent dans un sens favorable à cette dernière. La solution complète de ce problème appartient à l'avenir. Quelques détails cependant laissent déjà entrevoir une telle utilité de ces variations. Prenons, par exemple, la première portion de suc gastrique sécrété ; elle est caractérisée par un pouvoir digestif intense. Il est clair qu'une telle qualité, coïncidant avec le début de la digestion, alors que toute la masse alimentaire présente encore son aspect extérieur le plus grossier, se manifeste on ne peut plus à propos. Le réactif le plus puissant se trouve ainsi sécrété, au moment oii il est le plus nécessaire; Il est plus difficile de définir le

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