‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 23 sur 130 · ADAPTATION DES SUCS A LA DIVERSITÉ DES ALIMENTS · texte numérisé non relu

ADAPTATION DES SUCS A LA DIVERSITÉ DES ALIMENTS

but auquel répondent les modifications qui surviennent dans la composition du suc pancréatique, car il s'adresse à une étape plus avancée de l'élaboration de la matière alimentaire, qui a subi déjà l'influence préalable et élective de l'estomac. Il faut, en outre, que se réalisent, tout d'abord, dans l'intestin, les conditions chimiques favorables à l'action du suc pancréatique. Aussi les conditions, sous l'influence desquelles s'est accomplie la digestion gastrique, doivent-elles être radicalement changées, car elles sont défavorables à la digestion pancréatique. Nous savons, en effet, que la trypsine est digérée par la pepsine et qu'une acidité élevée empêche son action de se manifester. Pour le moment, je n'insiste pas davantage sur ces questions; nous les examinerons de plus près, dans la suite, quand nous traiterons du mécanisme de l'excitation des glandes.

Maintenant que nous connaissons les faits d'adaptation du travail glandulaire aux divers temps d'élaboration de la masse alimentaire, nous sommes fondés à penser que cette capacité d'adaptation doit se révéler, avec toute sa netteté, dans l'étude de la sécrétion sous l'influence d'alimentations variées. Puisque les aliments sont composés de diverses substances, et que, dans le cancil digestif, sont sécrétés des réactifs différents, il est rationnel de supposer que sur des espèces d'aliments déterminés se déverseront, de préférence, tantôt certains sucs, tantôt d'autres, chacun, à raison de sa variabilité et de telles ou telles qualités particulières qu'il présente.

En est-il ainsi, en réalité? Certes, il ne pouvait être question de résoudre un tel problème, lorsqu'on ne disposait que des anciennes méthodes d'investigation. Sa solution, que nous pouvons maintenant aborder, devient même la meilleure recommandation et le plus beau titre

Pawlow. 4

d'utilité de nos méthodes nouvelles. Nous pouvons maintenant nous convaincre de ce qui n'était autrefois qu'une probabilité a priori^ à savoir qu'à chaque sorte d'aliments correspond une activité spécifique des glandes gastriques, avec des propriétés spécifiques des sucs sécrétés.

Commençons par l'estomac. Les expériences sur les chiens porteurs d'un petit estomac isolé ont montré (Dr. Chighi) qu'à une alimentation mixte, aussi bien qu'à une alimentation composée soit de lait, soit de pain, soit de viande, etc., correspondait chaque fois une activité spécifique des glandes gastriques — activité spécifique relative aux propriétés du suc, à sa quantité, à la marche et à la durée de la sécrétion. — Nous allons analyser ces divers éléments, les uns après les autres. Le suc sécrété sous l'influence du pain est celui qui possède la force digestive la plus grande ; nous l'appellerons le « suc de pain » (1). Son pouvoir peptique est, en moyenne, . d'après le Dr. C/i«^m, de 6,64 millimètres. A l'alimentation carnée répond un suc d'un pouvoir de 3,99 millimètres; à l'alimentation lactée, un suc d'un pouvoir de 3,26 millimètres. Si nous appliquons, dès lors, la loi de Schûtz et Borissow, pour comparer exactement ces sucs, nous obtenons les chiffres suivants : pour le suc de pain 6,64^= 44, pour le suc de viande 3,99" = 16, pour le suc de lait 3,26^ =11. Par conséquent, le suc de pain contient 4 fois plus de ferment que le suc de lait; il est, à ce point de vue, 4 fois plus concentré.

Ce que nous venons de dire s'appuie sur les protocoles

^,0'<f\ vT Vï) De même, nous dirons « suc de viande, suc de lait » au lieu des z*^ V périphrases plus explicites, mais plus longues, telles que « suc sécrété

O sous l'influence d'un repas de viande, de lait ».

' NÛV<io 1923

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