IMPORTANCE DE L'ADAPTATION DU TRAVAIL SÉGRÉTOIRE
deuxième ou même à la troisième. Pour la viande, le suc le plus actif est celui de la première heure ; pour le pain, celui de la deuxième et de la troisième ; pour le lait, celui de la dernière heure. Le tableau des minima et, en général, tout le cycle sécrétoire sont également caractéristiques.
Les faits que nous venons de rapporter confirment, me semble-t-il, à un haut degré, notre conclusion antérieure relative à la signification particulière des variations du travail sécrétoire, au cours d'une période digestive. Si à chaque sorte d'aliments correspond une marche particulière de la sécrétion, il va de soi que celleci doit évoluer, dans chaque cas, suivant une formule concrète, et, par suite, présenter une signification précise.
Nous venons maintenant d'apprendre à connaître un grand nombre de variations que présente, dans divers cas, le travail sécrétoire. Leur manifestation, d'après une loi régulière, témoigne du fait même de leur importance. Il serait à cet instant intéressant, voire nécessaire, de comprendre le sens de chacune de ces variations.. Une telle compréhension contribuerait à rapprocher des faits qui nous apparaissent actuellement plus ou moins disparates, et dont la liste fatigue l'attention et encombre la mémoire. Ce n'est, du reste, pas mon intention, en vous communiquant ces faits, de vous graver dans la mémoire tous leurs détails compliqués ; cela exigerait évidemment une étude particulière et souvent répétée de notre sujet. Je veux simplement faire pénétrer dans votre esprit la conviction que le travail des glandes digestives présente une grande élasticité, et, dès lors, peut être caractéristique, et strictement adéquat à chaque cas donné. Malheureusement, en ce qui concerne ce dernier point, il y a là un champ presque inexploré. La conviction que tout
travail des glandes est adapté à un but repose actuellement surtout sur des considérations générales, et n'a encore à son actif qu'un petit nombre de faits plus ou moins clairs et inrliscu tables. Examinons, par exemple, les quantités de ferment délivrées par l'estomac, pour des poids équivalents d'azote, dans les modes divers d'alimentation. Le pain provoque la production de 1 600 unités de ferment; la viande de 430, et le lait de 340. Ces nombres sont obtenus de la façon suivante : 100 grammes de viande ont sensiblement la même teneur en azote que 600 centimètres de lait et 250 grammes de pain blanc. Or, le Dr. Chigin a montré que l'on obtenait :
Pour 100 grammes de viande, 25 centimètres cubes de suc d'une force digestive de 4 millimètres ;
Pour 600 centimètres cubes de lait, 34 centimètres de suc d'une force digestive de 3,1 millimètres.
En ce qui concerne les 250 grammes de pain, nous n'avons aucune expérience correspondante de Chigin, qui s'est trouvé expérimenter avec d'autres quantités. En prenant pour base la loi de proportionnalité entre la quantité d'aliments et la quantité de suc sécrété, on peut toutefois retrouver théoriquement que 250 grammes de pain blanc donnent 42 centimètres cubes de suc, de force digestive de ô,16 millimètres. En prenant le carré des millimètres qui expriment la puissance digestive, on obtient 38 pour le pain, 16 pour la viande et 10 pour le lait. Ces chiffres nous donnent la richesse comparée en ferment de volumes égaux des divers sucs. Comme il s'écoule une quantité différente de suc pour chacun des aliments, nous devons la prendre en considération pour apprécier la quantité totale de ferment sécrété dans chaque cas. Si nous rapportons les carrés trouvés au centimètre cube comme unité de volume, et si nous les