EXPERIENCES ANCIENNES D'EXCITATION DU VAGUE
vagotomie (excellent exemple de l'importance de notre première règle dans les expériences de section). D'autre part, la section des vagues au-dessous du diaphragme n'exclut nullement la possibilité du fait que des fibres sécrétoires pour l'estomac viennent de l'œsophage et gagnent l'estomac en suivant les couches profondes de ce dernier.
Les expériences d'excitation du nerf vague n'ont pas abouti davantage et se sont montrées peut être encore plus négatives. Quoi qu'ait été le point excité, aucun des auteurs n'a pu saisir de faits susceptibles d'être rapportés à une action sécrétoire. Les résultats positifs obtenus dans quelques expériences isolées et peu convaincantes se sont perdus dans le concert unanime des négations catégoriques, et d'autant plus que le dispositif expérimental était le même que dans toutes les autres expériences contradictoires. Parmi toutes ces recherches expérimentales, il en est une de deux auteurs français, qui tient une place à part. Sur un estomac de supplicié, quarante-cinq minutes après l'exécution, ceiïx-ci ont vu l'excitation du vague produire l'issue de quelques gouttes de suc gastrique à la surface interne de l'estomac (i). On doit remarquer toutefois, à ce propos, qu'il se pourrait qu'une telle expression de suc gastrique hors des glandes ne fût que le résultat de la contraction de la paroi stomacale consécutive à l'excitation nerveuse. Nous rapportons plus loin des faits, qui nous montreront l'improbabilité de la manifestation d'une activité réelle sécrétoire dans les conditions où étaient placés les auteurs. 11 est, d'ailleurs, intéressant de remarquer que, d'une manière générale, la question de l'innervation
(1) Regnard et Loye. Expériences sur un supplicié {Progrès méd., 1885).
sécrétoire de l'estomac est traitée d'une façon tout à fait différeute par les physiologistes allemands et par les pliysiologistes français. Tandis que les pliysiologistcs allemands réclamaient sur ce point des expériences nettes et précises et se montraient jusqu'à ces derniers temps très réservés au sujet de l'innervation sécrétoire de l'estomac, on pourrait rencontrer dans les travaux des auteurs français, telles ou telles expériences tendant à démontrer son existence, ou tout au moins relever des expressions tendant à faire admettre sa réalité comme vraisemblable. — Les essais portant sur le sympathique ont également donné des résultats négatifs. En conséquence, les deux premiers procédés expérimentaux que j'ai rappelés — la section et l'excitation dps nerfs — se sont montrés infructueux dans leur application aux glandes gastriques, ou, du moins, n'ont pas réussi à convaincre la plupart des physiologistes.
Le troisième procédé s'est montré beaucoup plus fructueux. Déjà, en 18o2. Biclder et Schmidt (1) observaient que, dans certains cas, il suffisait d'exciter des chiens par la ATie d'aliments, pour provoquer une sécrétion de suc gastric[iie. Bien que quelques auteurs isolés n'aient pas pu reproduire ce phénomène, la majorité des physiologistes s'est montrée convalucue de sa réalité. A une époque plus récente, le physiologiste français Richet (2 1 eut l'occasion d'observer un malade atteint de rétrécissement cicatriciel de l'œsophage, pour lequel avait été pratiquée la gastrostomie. Aussitôt que le malade portait à la bouche quelque chose de doux ou d'acide, Richet voyait s'écouler de l'estomac du suc gastrique pur. L'expérience de Bidder et Schmidt et l'observation de
(1) F. Bidder u. C. Schmidt, Lie VerdauungssUfle, etc., 1852.
(2) Journal de l'anatomie et de la physiologie, 1878.