EXCITATION AIGUË DU VAGUE
glandulaire, présentaient une teneur complètement différente en ferment.
Quelque convaincante que soit la démonstration de l'existence de nerfs sécrétoires pour l'estomac par la méthode des sections, il est à souhaiter, pour de nombreux motifs, qu'elle soit également corroborée par la méthode d'excitation. Ce n'est que par l'excitation artificielle d'un nerf qu'il est possible d'étudier d'une façon précise et détaillée le rôle du nerf et le processus qu'il tient sous sa dépendance. Dans le cas particulier, de grandes difficultés se présentent pour l'expérience, et cest ce qui explique l'échec des nombreux auteurs qui, jusqu'à ce jour, l'ont tentée. Nous lavons menée à bien, en nous plaçant dans des conditions toutes particulières. A notre avis, il n'est pas probable que le mode « aigu » habituel de pratiquer la vivisection, séance tenante, sur un animal neuf, sans autres préparatifs, maintienne les rapports normaux de l'organisme. Dans de telles expériences, beaucoup de phénomènes physiologiques sont certainement déformés ou même tout à fait masqués. Le doute est d'autant plus permis, dans l'espèce, que la science a déjà enreg'istré des preuves incontestables de l'inllucnce inhibitricc des excitations douloureuses ou simplement réflexes sur l'activité des principales glandes digestives. Benistein (1), dans le laboratoire de Ludicig, et plus tard moi-même, avec le Professeur Afatiassjew{2), avons montré que les excitations sensibles exerçaient souvent pour longtemps une action incontestable d'arrêt sur le travail de la glande pancréatique. Le Dr. Netschajew (3) a vu qu'une
(1) Ber'ichte der silcks. Gesellschaft der Wissenschaflen, 1809.
(2) Pfluger's Archiv., Bd. XVI.
■ (3) Des influences inhibitrices sur la sécrétion du suc gastrique {T/r. de Saint-Pétersbourg , 1882).
8i NERFS CENTRIFUGES DES GLANDES GASTRIQUES.
excitation du nerf sciatique, de deux à trois minutes de durée, peuf^arrêter complètement la digestion gastrique pour plusieurs heures. De tous ces faits nous devons naturellement conclure que les excitations portées sur les nerfs qui vont à l'estomac ne devront être, dans nos expériences, ni précédées ni accompagnées d'effets sensibles ou simplement réflexes.
Nous avons, avec M"" Schwnow-Simanowski^ obtenu ce résultat sur des chiens que nous avions préalablement préparés comme celui que je vous ai montré aujourd'hui. Nos animaux étaient antérieurement gastroœsophagotomisés, le nerf vague droit était sectionné audessous de l'origine du nerf laryngé inférieur et des filets cardiaques, le vague gauche était sectionné au cou. Un segment plus ou moins long de l'extrémité périphérique de ce dernier nerf était isolé, pris dans une ligature et provisoirement disposé sous la peau. Trois ou quatre jours après, les fils de suture étaient soigneusement enlevés, la plaie ouverte sans effort, et le nerf s'offrait à nous. Nous évitions ainsi toute manifestation de douleur appréciable pour l'animal, avant l'excitation du nerf. Grâce à ces précautions, nous avons obtenu le résultat suivant : toutes les excitations du nen par des chocs d'induction, répétés à une ou deux secondes d'intervalle, nous ont permis de recueillir chaque fois, sans exception, du suc de l'estomac préalablement vide. Maintenant que nous étions complètement maîtres de notre sujet, nous pouvions essayer d'obtenir également le même résultat dans une expérience extemporanée, c'est-à-dire sur un animal opéré, séance tenante, en prenant évidemment certaines précautions. Le Dr. UschaJwff^ dans de premières expériences, après avoir préalablement pratiqué avec soin la trachéotomie, sectionnait le plus rapidement