EXCITATION AIGUË DU VAGUE
possible (quelques secondes) la moelle épinière, immédiatement au-dessous du bulbe, pour être entièrement à l'abri, pendant le cours ultérieur de l'opération, de toute influence réflexe susceptible de s'exercer sur les glandes gastriques. Les nerfs A^agues étaient alors mis à découvert et sectionnés ; une canule ordinaire à fistule gastrique était placée dans l'estomac ; on pratiquait, de plus, la ligature du pylore et, au cou, celle de Tcesopliage. Puis l'animal était suspendu debout sur un établi. Dans ses derniers essais, le Dr. Uschakoff pratiquait une courte chloroformisation (d'une durée de dix à quinze minutes), pendant laquelle il exécutait rapidement toutes les opérations qui viennent d'être décrites. Les expériences sur les chiens gastro-œsophagotomisés ont montré qu'une chloroformisation d'aussi courte durée ne produit aucun effet dépresseur important sur les glandes ou leurs nerfs; quinze à vingt minutes après la narcose, les animaux déjà remis mangent avec avidité les aliments qui leur sont présentés, et de leur estomac vide commence à s'écouler, après la longue période latente habituelle de cinq minutes, un suc doué de pouvoir digestif et en quantité normale. Dans de telles expériences extemporanées, conduites comme il vient d'être dit, nous avons procédé à l'excitation des nerfs, et nous avons pu, conformément à notre attente, voir l'excitation suivie d'un résultat positif et incontestable, qui ne s'est manifesté toutefois que dans la moitié des expériences. Dans le second groupe d'essais, pratiqués sur des animaux narcotisés, nous avons pu observer plus souvent un résultat positif. Dans tous les cas suivis de succès, l'effet de l'excitation n'a pas été immédiat, mais s'est manifesté seulement après une période préalable, pendant toute laquelle l'excitation se montrait infructueuse, et qui
pouvait durer de quinze minutes à une heure. Quant enfin le nerf commençait à manifester son action^ l'effet sécrétoire ne disparaissait que petit à petit après la cessation de l'excitation qui, renouvelée, faisait vite réapparaître la sécrétion après quelques minutes. Si l'on administrait aux animaux un poison à effet inhibiteur, au point de vue sécrétoire — soit de l'atropine, — les nerfs perdaient leur action efficace. Le fait que l'excitation du nerf reste sans effet une si longue période de temps trouve une explication prochaine dans le traumatisme opératoire, qui diminue l'excitabilité glandulaire ; mais il a encore une autre signification, vraiment plus précise. Nous avons vu précédemment que le repas fictif donne immédiatement après la narcose ujie sécrétion de suc parfaitement normale. La période latente est cependant aussi longue, que les expériences soient pratiquées avec ou sans narcose. Dans ces conditions, on n'est que peu fondé à admettre que ce soit l'opération qui exerce, malgré la narcose et la section de la moelle, une action d'arrêt réflexe importante sur les glandes gastriques. Aussi bien devons-nous nous rattacher à cette conclusion que l'excitation artificielle des vagues met à la fois en jeu des influences excitatrices et des influences inhibitrices pour les glandes. Cela nous amène à admettre l'hypothèse de la présence simultanée de nerfs d'arrêt sécrétoires, antagonistes des fibres sécrétrices, comme l'on trouve de telles fibres antagonistes dans l'innervation du cœur, des vaisseaux et d'autres organes. Nous discuterons de plus près cette hypothèse, à propos de la glande pancréatique, car nous disposons là déjà d'une somme de faits favorables à cette hypothèse, dont nous avons pu tout récemment donner une démonstration directe. Ainsi donc les deux formes d'expériences — soit en