NERF SYMPATHIQUE ET ESTOMAC
plusieurs temps, soit extemporanée — nous autorisent pleinement à considérer le nerf vague comme le nerf sécrétoire des glandes gastriques. Pourtant, et nous le répétons encore une fois, il ne faudrait pas en conclure que l'intégrité des nerfs vagues soit la seule condition du traA^ail sécrétoire de l'estomac. Ainsi que beaucoup d'auteurs avant nous, nous avons pu nous convaincre que l'estomac est capable d'élaborer sa sécrétion spécifique sans l'intervention des nerfs vagues ; mais alors ce travail représente une déviation de l'état normal, tant au point de vue du début de la sécrétion, qu'au point de vue du produit délivré. Cette sécrétion, qui se manifeste après la section des nerfs vagues, est-elle sous la dépendance des nerfs sympathiques ou tient-elle à l'influence de tout autre cause? Cela ne peut-être encore décidé. Du reste, le Prof. Ssanozki a pu, sur un chien à estomac isolé d'après la méthode de Heidenhain^ c'est-àdire, avec les filets du vague sectionnés, nettement constater l'action inhibitrice de l'atropine sur la sécrétion gastrique. Or, l'atropine est un agent paralysant, par excellence, du système nerveux sécrétoire. Il faut espérer que, maintenant que nous connaissons les rapports des nerfs vagues avec les glandes gastriques, des recherches ultérieures, dirigées du côt('' du système nerveux sympathique, élucideront dans un avenir prochain cette question.
Nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer nos regrets de ce que les physiologistes se soient habitués à considérer les glandes gastriques comme indépendantes d'influences nerveuses, et continuent ainsi à ignorer les résultats exposés ci-dessus, bien qu'ils aient été publiés déjà depuis dix ans, non seulement en Russie, mais encore à l'étranger. La plupart des auteurs appuient leur
manière de voir sur le fait que l'activité sécrétoire de la glande gastrique se manifeste encore après la section des nerfs vagues ; mais ils ne tiennent pas compte des particularités de cette activité, ce qui, dans le cas considéré ici, prime tout le reste. Nous pouvons aussi, pour beaucoup d'autres organes, sectionner les nerfs, sans que l'activité spéciale de ces organes soit pour cela supprimée. Il ne s'en suit pourtant pas que ceux-ci soient dépourvus de toute innervation fonctionnelle. — D'autres auteurs continuent à pratiquer, selon le mode traditionnel, l'expérience extemporanée et ne prennent aucune précaution contre les effets inhibiteurs réflexes. Quelques auteurs seulement [Axenfeld^ Contejean^ Schneyer) ont obtenu sur des chiens et sur d'autres animaux (oiseaux et grenouilles) des résultats plus ou moins positifs. Nous osons croire, en toute confiance, que tout expérimentateur, qui voudra bien se placer dans les conditions indiquées par nous, pourra reproduire nos expériences avec les mêmes résultats, et qu'il n'y aura plus place désormais pour aucun doute sur l'existence d'une innervation sécrétoire des glandes gastriques.
Les mêmes difficultés, avec lesquelles nous avons été aux prises dans nos recherches sur l'innervation des glandes gastriques, se sont retrouvées aussi grandes, quand il s'est agi de la glande pancréatique. Pour bien marquer la valeur de ces difficultés, je citerai ici le passage suivant du travail classique de Heidenhain sur la glande pancréatique : « Tout observateur, qui aura étudié pendant plus ou moins longtemps les fonctions du pancréas, abandonnera la partie avec un sentiment de mécontentement, parce qu'il aura dû éliminer du nombre de ses expériences une grande quantité d'essais infructueux. Ni