‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 40 sur 130 · INNERVATION SÉCRÉTOIRE DU PANCRÉAS · texte numérisé non relu

INNERVATION SÉCRÉTOIRE DU PANCRÉAS

les précautions les plus extrêmes, ni la pratique expérimentée de la fistule pancréatique, ne viennent à bout de la sensibilité incroyable de cet organe, qui, trop fréquemment, alors que l'opération a été menée à bien, suspend son activité fonctionnelle pour un temps plus ou moins long et ne la récupère plus, même par l'emploi des agents sécrétoires les plus actifs. L'observation se heurte donc ici constamment à une certaine incertitude, que ne saurait lever même la répétition extraordinaire des expériences. Qu'il me soit permis, du moins, d'avouer franchement que je n'ai jamais entrepris d'expériences plus riches en sacrifices de chiens et proportionnellement plus pauvres en résultats » (1 ).

A l'heure actuelle toutefois, l'étude de l'innervation de la glande pancréatique a l'ait beaucoup de progrès. Comme nous l'avons déjà signalé, c'est Bernstem^ au laboratoire de Ludwig, etnous-même, en collaboration avec le Prof. Afanassjeiv^ qui avons démontré les premiers l'influence inhibitrice d'excitations sensibles sur l'activité du pancréas. Plus tard, Heidenhain ef'son élève Landau (2) sont parvenus, après de nombreux échecs, à provoquer dans quelques expériences, par Texcitation de la moelle, allongée, des effets nettement sécrétoires de la glande pancréatique. Toute cette question de l'innervation du pancréas restait toutefois encore très obscure. Pourquoi Heidenhain n'obtenait-il des faits positifs que dans quelques cas exceptionnels ? Par quels nerfs l'excitation du système nerveux central était-elle conduite aux glandes ? A quoi tenait l'influence inhibitrice des excitations sensibles? A tout cela, il n'était encore donné aucune réponse. Depuis l'année 1887, mes collaborateurs et moi

(1) Pfliiger's Archiv, Bd. X, 1875, S. 599.

\2) Zur Physiologie d. Bauchspeichelabsonderung . Breslau, 1873. Dissert.

avons eu la bonne fortune de donner la solution, plus ou moins complète, de toutes ces questions.

Il s'est trouvé encore que le vague était le nerf sécréto ire de la glande pancréatique. Nous avons réussi à nous en as- ' surer, grâce à l'emploi d'un mode particulier d'expérimentation. Je vais reproduire devant vous l'expérience qui nous a permis, pour la première fois, de nous convaincre de l'action de ce nerf. Voici un chien porteur d'une fistule pancréatique permanente, obtenue d'après le procédé décrit dans la première leçon. Le cliien s'est complètement rétabli après l'opération, et tout est cicatrisé. Il y a quatre jours, on lui a sectionné le nerf vague, au cou ; le bout périphérique, dénudé, pris dans une ligature, a été laissé sous la peau. J'enlève, à l'instant, les points de suture de la plaie cutanée et je tire au dehors le fil de ligature qui entoure le nerf, tout cela sans causer à l'animal de désagrément appréciable. Je vous prie de remarquer qu'il ne s'écoule aucune goutte de suc par l'entonnoir métallique que l'on a fixé par sa grosse extrémité à la paroi abdominale, au niveau de l'orifice du canal pancréatique. Je commence maintenant à exciter le nerf par un courant d'induction. Comme vous le voyez, l'animal reste parfaitement tranquille sur la table, sans donner de signes extérieurs de la plus petite douleur. Deux minutes se passent, sans que l'excitation produisele moindre effet (je vous prie de retenir particulièrement ce fait). C'est seulement à la troisième minute qu'apparaît la première goutte de suc, bientôt suivie d'autres, de plus en plus fréquentes. Au bout de trois minutes, je suspends l'excitation ; lesuccontinue à couler de lui-même, pour cesser quatre à cinq minutes après la suspension de l'excitation. De nouveau j'excite et j'obtiens le même résultat. Et il en est ainsi chez tous les chiens. Il faut ajouter qu'on avait déjà naturellement

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