‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 4 sur 130 · X PRÉFACE DE L'ÉDITION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE DE L'ÉDITION FRANÇAISE

Cette édition française comprend tout d'abord la traduction de mes Leçons, qui parurent en russe en

1897, et en allemand (avec quelques additions) en

1898. Elle contient, en outre, toute une partie documentaire nouvelle qui fait le sujet d'une leçon entière surajoutée (IX^ Leçon). Cette leçon reproduit, d'une part, tous les faits expérimentaux que j 'ai eu l'occasion de signaler dans mon discours à la Société des médecins russes de Saint-Pétersbourg, au mois de décembre 1899. J'y ai consigné, d'autre part, les résultats des recherches qui, depuis lors, se sont poursuivies jusqu'à ce jour dans mon laboratoire. Le médecin y trouvera, en particulier, tout notre matériel actuel d'études de pathologie et de thérapeutique expérimentales de la digestion.

En terminant, je remplis un agréable devoir. J'adresse mes bien vifs et sincères remerciements à mes honorés collègues, MM. les professeurs agrégés Pachon et Sabrazès^ pour les soins et le souci d'exactitude qu'ils ont apportés à cette édition française . Je remercie également MM. Masson et Cie^ qui n'ont rien négligé pour rendre cette publication aussi parfaite que possible.

J.-P. Pawlow.

Saint-Pétersbourg, 7 juin 1901.

LE

PREMIERE LEÇON Aperçu général du sujet. — Technique.

Coup d'œil d'ensemble sur le sujet. — L'appareil digestif est comparable à une fabrique de produits chimiques. — Questions non résolues de la ptiysiologie de la digestion. — Technique : ses exigences idéales. — Fistules pancréatiques tempoi"aire et permanente. — Difficultés d'établissement de cette dernière. — Fistule gastrique : son association avec l'œsophagotomie. — Méthode du cul-de-sac stomacal isolé. — Procédé opératoire de l'auteur. — Importance de la technique chirui*gicâle en physiologie. — Une section de chirurgie dans le laboratoire de physiologie.

Messieurs,

Depuis plusieurs années, nous étudions, mes collaborateurs et moi, dans mon laboratoire, la physiologie des glandes digestives. Les résultats que nous avons obtenus ont, me semble-t-il, une grande importance théorique et pratique. Le travail sécrétoire du tube digestif — ou tout au moins de ses principaux organes glandulaires, l'estomac et le pancréas — a été loin de nous apparaître tel qu'il est exposé dans les traités et tel que le conçoivent, par suite, les médecins. Aussi nous sommes-nous efforcés de substituer aux vieilles doctrines des données plus exactes et plus compréhensives, et d'en faire l'application à l'homme vivant. C'est

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dans cet esprit qu'a été prononcé mon discours à la séance solennelle de la Société des médecins russes de Saint-Pétersbourg consacrée à la Mémoire de notre célèbre clinicien S. P. Botkin] mais, dans le court laps de temps d'une heure, je ne pouvais que livrer l'esquisse générale d'un travail de longues années, et j'étais — ce que je tiens pour une grave lacune — dans l'impossibilité de documenter mon langage par des protocoles d'expériences et de convaincre mes auditeurs par l'expérimentation même. C'est cette lacune que combleront mes leçons actuelles, que je soumets à votre attention bienveillante. Les matériaux de ces leçons sont empruntés à des travaux déjà publiés, pour la plus grande partie, et aussi à beaucoup de travaux encore inédits, exécutés dans mon laboratoire.

A un point de vue général, le rôle fondamental que le tube digestif est appelé à remplir dans l'organisme peut être manifestement assimilé à celui d'une usine chimique, dans laquelle les matières brutes — soit les aliments — subissent une transformation chimique essentielle qui rend possible leur incorporation dans les humeurs de l'organisme et leur utilisation pour la mise en œuvre des processus vitaux. Cette usine se compose d'une série de divisions, dans lesquelles les aliments, classés d'après leurs propriétés, sont, soit retenus momentanément, soit transportés plus loin, dans la plus voisine division. Cette usine ou, à vrai dire, chacune de ses sections est pourvue de réactifs spéciaux, élaborés soit dans de petits ateliers voisins, situés dans les parois mêmes de l'usine, soit dans des organes électifs éloignés qui, comme cela se passe dans les grandes usines chimiques, sont reliés à l'usine principale par

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