‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 42 sur 130 · FIBRES FRENO-SÉCRETOIRES DU VAGUE · texte numérisé non relu

FIBRES FRENO-SÉCRETOIRES DU VAGUE

2° que, sous l'influence de l'excitation électrique habituelle, Faction des filets vaso-moteurs masque complètement celle des filets sécréteurs ; 3° enfin que, dans certaines conditions (excitation mécanique ou excitation électrique, après section et dégénérescence partielle du nerf), on peut éliminer Faction des filets vaso-moteurs et faire apparaître celle des filets sécréteurs.

L'étude des filets nerveux sympathiques nous apprend donc clairement à connaître les^ rapports réciproques existant entre les nerfs vaso-moteurs et les nerfs sécrétoires du pancréas. Le tableau de Faction du vague sur notre glande ne se trouve toutefois en rien modifié. Si nous appliquons à ce nerf les modes particuliers d'excitation que nous venons de rapporter, son action frénosécrétoire persiste dans toute son intégrité. Nous sommes ainsi portés à croire que Faction inhibitrice du vague n'est pas liée à des phénomènes de constriction vasculaire. Dans ces derniers temps, le Dr. Popielski a fait faire un pas important à la question qui nous préoccupe, 11 a, avant tout, mis en œuvre un mode d'expérimentation dans lequel Faction d'arrêt du vague sur la glande, pancréatique se manifeste d'une manière constante et frappante. L'expérience pratiquée extemporanément comme nous l'avons décrite, on verse sur le duodénum une solution d'acide chlorhydrique ; on provoque ainsi une sécrétion abondante et prolongée de suc pancréatique. Vient-on alors à exciter fortement le vague, on obtient aussitôt — • et chaque fois sans exception - — un ralentissement^ souvent même un arrêt complet de la sécrétion. L'excitation du sympathique produit, de son côté, le ralentissement — mais le ralentissement seul — de la sécrétion ; et encore seulement au bout d'un certain temps. La compression de l'aorte produit, elle, l'arrêt de la

sécrétion, mais après deux ou trois minutes. J'ajouterai encore à tout cela que, d'après les dernières expériences de François Franck, le nerf vague serait plutôt un Vasodilatateur qu'un vaso-constricteur de la glande pancréatique. La possibilité d'une intervention des nerfs moteurs des conduits excréteurs de cette glande est éliminée du fait que l'animal peut être soumis à l'action toxique de la physostigmine, que l'on sait être le plus puissant excitateur des fibres musculaires lisses, et qu'on voit alors se produire non pas un arrêt, mais bien un renforcement de la sécrétion. Enfin on peut réussir, par des dissections minutieuses., à isoler des filets nerveux, dont l'excitation provoque immédiatement un effet sécrétoire saiis période latente, presque aussi prompt que celui produit pour la salive par l'excitation de la corde du tympan. Ce dernier fait nous oblige à conclure que, dans les rameaux nerveux qui vont à la glande pancréatique, les filets excito-sécréteurs sont anatomiquement dissociés des filets frénosécréteurs, et que la mise en jeu des premiers par une excitation artificielle provoque l'activité de la glande sans temps perdu. Le Dr. Popiehki a pu isoler aussi des ramifications du vague exclusivement frénatrices et jamais excitatrices pour la sécrétion. L'existence de tels filets frénateurs démontrée, il est, dès lors, naturel que leur mise en jeu par voie réflexe se produise aussi bien dans les conditions normales que sous des influences opératoires. Il ne faut pas enfin éliminer la possibilité de phénomènes d'arrêt réflexes, s'exerçant sur les centres sécrétoires mêmes du pancréas.

Les observations dont nous venons d'exposer le détail expliquent tous les insuccès et tous les obstacles auxquels se sont heurtés tous ceux qui, autrefois, ont étudié l'innervation delà glande pancréatique. Elles expliquent.

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