‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 45 sur 130 · SPÉCIFICITÉ DES TERMINAISONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

SPÉCIFICITÉ DES TERMINAISONS NERVEUSES

nettement tranchée. On ne saurait douter de même de la spécificité des terminaisons de tous les autres nerfs centripètes. C'est là un point faible de la physiologie contem-» poraine. Nous ne pourrons connaître le mécanisme complet de la machine animale, quoique instruits du rôle de chacune de ses parties isolées, tant que nous ne posséderons pas l'histoire complète de l'excitabilité spécifique des appareils terminaux de tous les nerfs centripètes, et que nous n'aurons pas déterminé les agents mécaniques, chimiques et autres qui sont des excitants pour telle ou telle terminaison périphérique. Je considère que nous nous trouvons là dans une période d'insuffisance scientifique, pendant laquelle nous sommes réduits, en présence d'un processus physiologique normal, à admettre indifféremment l'action des plus divers agents extérieurs. Aussi bien la manière, dont la plupart de nos traités exposent le travail du tube digestif, comme l'idée que s'en font les médecins, porte-t-elle la marque de cette période. Le principal but que je me suis proposé, en publiant ces leçons, a été de redresser les conceptions des médecins sur ce point. J'espère pouvoir vous démontrer assez nettement que le tube digestif est doué, non pas d'une excitabilité générale, c'est-à-dire susceptible de réagir à tout agent quelconque, mais bien d'une excitabilité spéciale qui varie, d'ailleurs, avec les divers points de son étendue. Si l'homme, comme l'animal, s'adapte au milieu ambiant, grâce aux terminaisons périphériques des organes sensoriels, de même tous nos organes ou plutôt chaque cellule de nos organes ne peut s'harmoniser avec les innombrables cellules de l'organisme et s'adapter aux conditions générales du milieu intérieur que grâce à l'excitabilité spécifique des terminaisons périphériques de ses nerfs centripètes.

Les cellules nerveuses se trouvent dans la même situatien que les terminaisons périphériques des nerfs centripètes : il est évident qu'elles sont également do'uées d'une sensibilité spécifique. Abstraction faite des excitations que leur transmettent certains nerfs centripètes, elles ne répondent par une incitation nerveuse aux excitants mécaniques, chimiques ou autres, que s'ils se présentent, dans l'organisme, sous des modalités déterminées. Cela ressort non seulement d'un grand nombre de faits physiologiques, mais encore de diverses données de pharmacologie. C'est ainsi que nous voyons tel ou tel agent nervin exciter ou paralyser une zone bien déterminée du système nerveux, du moins, pendant les premières phases de son action. L'excitabilité spécifique des cellules nerveuses se trouve donc ainsi, comme la spécificité des terminaisons périphériques, à la base du mécanisme de l'adaptation de l'activité des organes à un but défini.

Notre tâche la plus immédiate est donc, à présent, de déterminer quels sont les excitants normaux des nerfs glandulaires centrifuges que nous avons appris à connaître dans la dernière leçon, ou plus exactement, de définir quels sont les excitants des centres de ces nerfs et des terminaisons périphériques des nerfs centripètes qui appartiennent à l'appareil d'innervation des glandes digestives, A chaque phase du travail sécrétoire, nous devons, par conséquent, déterminer quel est le point du système nerveux sécrétoire qui est, à un moment donné, le siège d'une excitation, et indiquer nettement la nature de l'agent élémentaire qui provoque cette excitation.

Il s'agit, en un mot, de faire l'analyse complète de l'action excitatrice exercée par l'acte du manger et par l'alimentation sur le système nerveux de nos glandes.

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