‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 51 sur 130 · EXCITATION PSYCHIQUE DU SUC GASTRIQUE. H · texte numérisé non relu

EXCITATION PSYCHIQUE DU SUC GASTRIQUE. H

extrêmes, cette excitation vaut, au point de vue de la quantité de suc sécrété, presque celle du repas fictif. Voici une expérience du Prof. Ssanozki, qui s'est occupé de cette question; l'effet sécrétoire produit sous l'influence de l'excitation de l'animal par la seule vue de l'aliment se trouve là mis en parallèle avec celui du repas fictif. L'estomac sécrétait seulement quelques filaments de mucus alcalin. On commence alors à exciter le chien, en lui présentant de la viande. Au bout de six minutes apparaît la sécrétion, qui se poursuit de la façon suivante :

Durée de la sécrétion. Quantité de suc.

S minute= 10 cent, cubes.

On donne alors un repas fictif, de six minutes de durée :

Durée de la sécrétion. Quantité de suc.

17 minutes 10 cent, cubes.

Il est clair que, dans cette circonstance, non seulement l'excitation visuelle ne s'est pas montrée inférieure à celle produite par le repas fictif, mais l'a même dépassée, au point de vue de l'effet sécrétoire. '

L'observation de Biddcr et Schmidt est donc parfaitement exacte ; on ne peut dire toutefois qu'elle soit universellement admise et appréciée à sa juste valeur par les

physiologistes. Il est des auteurs qui n'ont pu se convaincre de sa réalité, et elle est passée sous silence dans un grand nombre de traités de physiologie. Nous pouvons nous expliquer aujourd'hui les divergences des auteurs à son égard. Il s'agit là d'un phénomène, qui ne saurait être observé que dans des conditions déterminées. Tout d'abord, pour réussir l'expérience, il faut prendre un animal en parfait état de santé générale et dont la muqueuse gastrique soit dans un état d'intégrité parfaite, conditions qui n'ont pas toujours été remplies, si l'on en juge par les descriptions des divers auteurs qui ont obtenu un résultat négatif. En second lieu, le succès do l'expérience est subordonné, comme nous l'avons déjà dit, à l'intensité du désir de manger, qui dépend notamment de la quantité d'aliments absorbés par le chien avant l'expérience, du temps qui s'est écoulé depuis ce moment, et enfin de la nature de l'aliment que l'on présente à l'animal, qui l'excite ou le laisse indifférent. On sait très bien que le chien a, comme l'homme, des goûts variés. En troisième lieu, on peut trouver parmi les chiens des animaux de tempérament positif et froid, qui ne se laissent pas illusionner par des chimères, par tout ce qui est hors de leur portée, et attendent, au contraire, patiemment que les aliments leur arrivent dans la gueule. Il faut donc choisir pour cette expérience des animaux excitables et voraces. Enfin, quatrièmement, il faut compter avec un facteur extrêmement important, la perspicacité et la susceptibilité des animaux. Bien souvent on a affaire à des chiens, qui s'aperçoivent vite qu'on ne veut que les agacer par la vue d'un aliment et qui se détournent et s'éloignent mécontents, quoi qu'on fasse devant eux. Aussi bien il est préférable de pratiquer l'expérience, en ayant l'air non pas de narguer l'animal, mais

Page 1