L'APPÉTIT, C'EST DU SUC
profanes. Nous pouvons maintenant dire d'une façon précise : Vappétit^ c'est du suc. Ainsi éclate déjà sa haute importance. Aussi l'art médical cherche-t-il à venir en aide à un estomac faible, en lui introduisant du dehors le principe actif du suc gastrique, la pepsine, ou recommande-t-il l'usage de tout autre moyen qu'il croit capable de provoquer la sécrétion du suc de l'estomac. — Il est toutefois du plus haut intérêt de pousser plus avant nos recherches expérimentales, à ce sujet. Quelle est, en effet, la place qui appartient au suc « psychique », au suc « d'appétit » (1), dans l'ensemble du travail digestif normal de l'estomac ? Joue-t-il un rôle bien déterminé? Quelle influence exerce l'absence de ce suc sur la marche de la digestion gastrique? A l'heure actuelle, l'expérimentation est à même de donner des réponses satisfaisantes à toutes ces importantes questions, et le seul regret, qu'on ait à avoir, est que ces réponses se soient fait si longtemps attendre.
Rappelons-nous la marche de la sécrétion du suc gastrique, telle qu'elle se présente chez notre chien, porteur d'un estomac isolé, dans le cas d'un repas de viande ou de pain. Voici les quantités de suc sécrétées et leur valeur digestivc, dans lés deux premières heures qui suivent l'ingestion de 200 grammes de viande ou de pain (expériences du Dr. Chigin) :
HEURES