‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 65 sur 130 · DISCUSSION TECHNIQUE DE L'EXCITATION MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

DISCUSSION TECHNIQUE DE L'EXCITATION MÉCANIQUE

l'excitation mécanique s'est montrée inefficace, soumettons notre chien à l'épreuve du repas fictif. L'animal prend avec grand appétit les aliments qui lui sont offerts et vous voyez que, juste cinq minutes après le début du repas, une première goutte de suc s'écoule de l'estomac qui se met à sécréter de plus en plus abondamment. J'essaye les gouttes qui tombent au papier bleu de toursol ; vous voyez qu'il se fait un virage au rouge très net aux points humectés. La leçon finie, c'est-à-dire après un repas fictif qui a duré trente minutes, voilà que nous avons recueilli 150 centimètres cubes de suc qui, sans être filtré, se montre aussi clair et aussi transparent que de l'eau distillée.

Nous ne saurions douter que, dès que nous avons eu recours à un excitant vrai^ les glandes gastriques ont réagi, sous son influence, d'une manière parfaitement normale, par la production d'un suc normal. Il s en suit indiscutablement que les résultats négatifs, obtenus dans ia première partie de notre expérience, ne sauraient recevoir qu'une seule interprétation, à savoir justement que la muqueuse stomacale est parfaitement indifférente aux excitations mécaniques, excitations inaptes à provoquer son activité sécrétoire. Et, pourtant, on démontre, dans les leçons de physiologie, que l'irritant mécanique est un excitant des glandes gastriques. J'ose croire que ces anciennes expériences de cours devront céder le pas à celles que j'ai faites devant vous. L'expérience, d'apparence si simple, de l'excitation mécanique n'est, à vrai dire, exécutée correctement que si l'on obéit à certaines règles élémentaires, que les physiologistes n'ont pas observées, précisément à cause de leurs idées préconçues sur l'efficacité des excitations mécaniques. Ces règles sont au nombre de deux. Tout d'abord, il est nécessaire

que l'estomac soit parfaitement propre, et qu'il n'y arrive rien de l'extérieur. Cette condition n'était pas remplie autrefois. On avait bien soin de vider l'estomac, en laissant ouverte la canule fistulaire, dont on enlevait le bouchon; mais on ne le nettoyait pas entièrement, jusqu'à disparition complète de toute réaction acide. Aussi pouvait-il rester, dans quelques plis de la muqueuse, des résidus d'une sécrétion antérieure. En même temps, la salive pouvait y tomber de la bouche et s'acidifier rapidement, dans un estomac insuffisamment évacué et lavé. Il ne faut plus s'étonner alors, si la baguette de verre, en provoquant des contractions de l'estomac (les rapports de l'excitation mécanique avec la fonction motrice de l'estomac ne doivent pas être confondus avec ceux dont il est question ici), amène l'évacuation d'une certaine quantité de liquide acide hors de l'orifice fistulaire. Notre explication correspond si bien à la réalité des faits que personne, à ma connaissance, n'a obtenu dans ces conditions, de vrai suc gastrique pur de chien, d'une acidité de 0,5 à0,6 p. 100. Jerappellerai seulement, à ce propos^ que Heidenhain^ dans ses premières déterminations de l'acidité du suc obtenu par lui, dans son expérience de l'estomac isolé, fut si étonné d'un tel résultat (0,5 à 0,6 p. 100), qu'il pria son assistant d'alors, Gscheidlen^ de vérifier l'exactitude de toutes les solutions titrées. L'acidité du suc le plus pur qu'on ait obtenu autrefois atteignait à peine 0,3 p. 100. Comme autre preuve encore du fait que les anciens observateurs n'ont jamais obtenu à la suite d'excitations mécaniques une sécrétion réelle proprement dite, je signalerai cette circonstance que jamais aucun d'eux n'a donné d'indication sur l'existence de la période latente précise de cinq minutes que vous avez toujours vue se manifester avant toute sécré-

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