CONDITIONS CORRECTES DE L'EXCITATION MÉCANIQUE
tion. Or, celle-ci n'aurait vraiment pas pu passer inaperçue, si l'on avait eu affaire à une véritable excitation des glandes de l'estomac. — Non moins importante est la seconde condition à remplir, pour l'exécution correcte de l'expérience de l'excitation mécanique. Il est naturellement nécessaire que les glandes ne soient pas en activité avant le début de l'expérience, et que, pendant l'expérience, aucune cause n'intervienne, qui puisse, par ellemême, indépendamment de l'excitation mécanique, provoquer l'activité glandulaire. Or, nous n'avons pas de preuve qu'autrefois on ait attendu des heures entières, avant de pratiquer l'expérience, et qu'on se soit bien convaincu de la complète inactivité sécrétoire de l'estomac. Nous n'avons pas davantage la moindre indication sur la question de savoir si les auteurs, au cours de leurs expériences, se sont mis en garde contre toute intervention d'une excitation psychique des glandes gastriques, ce qui nécessite, comme vous le savez, des précautions très particulières. Il est des chiens si facilement excitables que leurs glandes gastriques se mettent difficilement au repos, ou qu'il est nécessaire, pour cela, d'attendre des heures entières. L'expérimentateur doit donc bien appliquer toute son attention à dégager son expérience de toute cause d'erreur. Il suffit de la présence de quelque aliment déposé près du chien, il suffit que les mains du garçon qui prépare la nourriture des chiens exhalent une odeur d'aliments, il suffit de toute autre circonstance encore, pour qu'il se manifeste une activité sécrétoire que l'on attribuera à l'excitation mécanique de la baguette de verre, pourtant bien irresponsable de ce qui arrive. — Chez le chien que vous venez de voir, on a très exactement rempli les deux conditions, sur lesquelles j'insiste ; aussi le résultat de notre expérience est-il en
contradiction formelle avec celui des expériences faite» autrefois dans les laboratoires et les cours de physiologie. L'importance que j'ai de tout temps attachée à cette expérience me fait un devoir de réclamer pour elle toute votre attention, et aussi de vous montrer deux modifications que nous avons apportées dans son exécution. On pourrait nous dire que, pour constater les effets positifs de l'excitation mécanique, il est nécessaire que cette excitation se produise en même temps sur plusieurs points de la muqueuse de l'estomac. Pour écarter cette objection, je vais reproduire l'expérience, devant vous, sous deux formes nouvell-es. Voici de nouveau un chien, porteur d'une fistule gastrique et œsopliagotomisé. L'estomac a été très complètement lavé et se trouve dans l'état de repos le plus parfait. J'introduis par la fistule un tube de verre de fort diamètre, dont l'extrémité soufflée porte une série de pertuis de 2 à 3 millimètres de diamètre, et dont l'autre extrémité a été soudée à la lampe à une ampoule de verre à deux tubulures qui contient du sable assez grossier. Par l'un des tubes de l'ampoule je refoule de l'air dans l'intérieur de cette dernière, au moyen d'une poire élastique ; le sable est alors soulevé en toiirbillon. Les compressions rythmées de la poire projettent ainsi le sable avec une certaine force dans l'estomac. Voilà dix à quinze minutes que ce petit jeu dure déjà; nous ne voyons pas la moindre trace de suc gastrique ; le sable, qui tombe entre le tube de verre et l'orifice de la fistule, est complètement sec ou à peine humide et ne rougit pas le papier bleu de tournesol. Nous avons cependant affaire ici à une excitation forte, et étendue à une large surface. Il vous suffit de voir, pour en être convaincus, les eff'ets de notre poire de compression, maintenant que notre dispositif est retiré