‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 67 sur 130 · INEFFICACITÉ DE L'EXCITATION MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

INEFFICACITÉ DE L'EXCITATION MÉCANIQUE

de Festomac. Par toutes les ouvertures du tube — il y en a plus de 10 — le sable fait irruption en jets violents ; approchez les mains, et vous sentez la force avec laquelle sont projetés les grains de sable. Et maintenant, notre expérience terminée, pratiquons l'épreuve du repas fictif; nous avons, dès lors, la preuve indiscutable que l'innervation gastrique de notre chien est parfaitement normale. — Encore une expérience. Voici un nouveau chien, toujours préparé de la même façon (fistule gastrique et œsophagotomie). Son estomac est vide et au repos ; nous y introduisons un ballon de caoutchouc et, à l'aide d'une seringue, nous le distendons jusqu'à ce qu'il acquière le volume d'une tête d'enfant. Nous le maintenons une à deux minutes dans cet état, et nous le laissons ensuite revenir sur lui-même. La même manœuvre est répétée pendant dix à quinze minutes. Or, durant tout ce temps, il ne s'écoule de l'estomac pas une seule goutte de suc ; la surface du ballon, examinée à la sortie de l'estomac, est alcaline sur tout son pourtour. L'animal est maintenant soumis au repas fictif, et nous constatons, là aussi, que le chien était en parfait état pour l'expérience. — Je ferai remarquer que,' pour cette expérience, les animaux ne doivent pas être affamés ; ils doivent avoir mangé dix à douze heures avant ; sans cela, on peut facilement obtenir uiïe sécrétion d'origine psychique.

Si on envisage cette question, en dehors de toute idée préconçue, on arrive à se convaincre, au laboratoire, du néant de l'excitation mécanique. S'il n'en était pas ainsi, d'ailleurs, toutes nos méthodes d'étude de la sécrétion gastrique seraient entachées d'erreur. Le chien, porteur d'une fistule gastrique ordinaire, n'a jamais, en dehors de la période de digestion, et sans motif particulier,

d'écoulement d'une seule goutte de suc gastrique. Comment en serait-il ainsi, si l'excitation mécanique avait quelque efficacité sécrétoire, puisque le disque interne du tube de la fistule est justement en contact continuel avec la muqueuse stomacale? La même observation vaut encore pour le chien à estomac isolé. Dans un but expérimental, introduisons, en effet, dans le culde-sac du petit estomac, un tube de verre ou de caoutchouc, assez profondément pour qu'il puisse recueillir toute sécrétion de suc; nous voyons alors qu'il ne s'écoule rien par le tube et que sa surfaee interne ne présente jamais de réaction acide, tant qu'il n'y a pas mise en jeu des véritables conditions de la sécrétion. Et il en est ainsi, alors même que le tube est assez souvent et alternativement retiré et mis en place. Chez les chiens porteurs de fistule gastrique ordinaire, après un temps plus ou moins éloigné de l'opération — soit un an — il se forme souvent, dans le voisinage de l'orifice interne de la fistule, des plis muqueux, qui peuvent complètement obstruer l'ouverture du tube. Dans ce cas, on doit alors introduire profondément, sous la canule fistulaire, un tube métallique long et épais, troué comme un crible, afin de pouvoir recueillir le suc ; or, cette manipulation ne provoque pas la moindre réaction sécrétoire. De plus, c'est un fait d'observation journalière que l'estomac des chiens renferme constamment d'épais conglomérats de poils ; leur présence n'empêche pourtant pas l'arrêt de la sécrétion gastrique, en dehors de la période digestive. Un fait analogue se passait d'une façon très remarquable chez notre chien à estomac isolé, quand nous le faj^sions coucher sur de la sciure de bois, pour empêclier,'l^ïfni|cj^ration de la plaie par le suintement du suc. Il arrivait très souvent que nous trouvions dans l'estomac des quan-

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